Dorian Gray – 2009

J’aurais pu traiter de la sublimissime oeuvre d’Oscar Wilde de 1891, en faire l’apologie et déblatérer sans fin sur le génie de cet homme. J’aurais pu. Mais je préfère vous parler de l’adaptation cinématographique d’Oliver Parker, sortie en 2009.

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Pour le synopsis, je pourrais le résumer comme suit : Dorian Gray (interprète : Ben Barnes) est un jeune bourgeois héritant de la demeure de son grand-père à Londres. Beau à damner un saint, sa beauté et sa splendeur juvénile ont subjugué le peintre Basil Hallward (interprète : Ben Chaplin), qui le prend pour muse. Par l’intermédiaire du peintre, Dorian fait la rencontre de Lord Henry Wotton (interprète : Colin Firth), un ami de longue date, charismatique, excentrique et, ma foi, quelque peu décadent. Une fois le portrait terminé, il s’avère que l’artiste a si bien su capter la beauté physique de son jeune ami que Dorian donnerait tout pour rester à jamais l’Adonis peint sur la toile. Grand mal lui en a fait, puisque le malin l’ayant entendu, la partie fantastique de l’histoire débute ici…

Je ne m’attarderai pas sur la comparaison entre l’oeuvre originelle et l’adaptation : j’ai apprécié les libertés prises par la réalisation, afin de rendre le film accessible aux novices comme aux plus confirmés. La première fois que je l’ai vu, j’ai été subjuguée par l’atmosphère du film, à la limite entre le dégoût et une immense curiosité. L’idée même du principe est géniale : un tableau qui, comme un miroir, reflète la laideur de ton âme. Les acteurs sont assez impressionnants, et le casting à tomber par terre, puisque qu’outre les têtes d’affiche, on retrouve également Rachel Hurd-Wood, Rebecca Hall, Caroline Goodall ou encore Fiona Shaw. C’est un film anglais à « petit budget », loin des grosses adaptations hollywoodiennes habituelles telles que Sherlock Holmes. L’immersion est réussie, avec une BO prenante et de très belles partitions pour piano. La déchéance du personnage principal est bien transmise. Cette ambiance glauque de lente dépravation, quelque fois un peu trop suggestive à mon goût, nous entraîne dans les abîmes de la dépression de Dorian. Le charisme victorien de Colin Firth n’est plus à démontrer, il est tellement fabuleux ! Et l’évolution du personnage est très intéressante, au fil de récit : son envie de « profiter de la vie », qu’il « enseigne » à Dorian, atteint son paroxysme pour quasiment disparaître ensuite, car il a trouvé bien plus important que le plaisir de la vie, l’amour de son enfant. Parallèlement, Dorian perd également le plaisir de la luxure. Après tout, à vivre comme cela pendant autant de temps, quelle surprise y a t’il à s’en lasser.

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La fin est parfaite : ***ALERTE SPOILER *** Après toutes les immondes choses que Dorian a fait, ou engendré, entraîné par un maître qui vivait par procuration à travers lui, il se retrouve prisonnier à jamais, comme il l’avait si ardemment souhaité lorsqu’il était jeune et naïf, à l’intérieur de son portrait. Beau pour l’éternité.

Je trouve cependant la punition d’Henry quelque peu légère, face au calvaire subi par Dorian. En effet, c’est bien à cause de lui que la face sombre de Dorian s’est exprimée, lui auparavant si angélique. Il l’a contraint à toute cette dépravation, à laquelle le jeune homme a vite pris goût : il lui a fait connaître le goût exquis de l’interdit, de la tentation. « Le meilleur moyen de résister à une tentation, c’est d’y céder », n’est-ce pas ? Mais sans Henry, Dorian serait peut-être resté le petit garçon campagnard bien sage, avec ses peurs d’enfants (enfance durant laquelle il a quand même bien morflé, à cause de son grand-père…), heureux de satisfaire tout le monde. Pour cette influence néfaste, je trouve que le fait que sa fille ne veuille plus le voir ni lui parler est un bien léger prix à payer par Henry, après des années à enfoncer Dorian dans un monde où lui-même ne voulait pas aller : le monde du scandale, le monde de la luxure, le monde de l’abandon de soi.

Les personnages qui souffrent le plus meurent : j’entends par là les deux personnages qui ont eu le malheur d’aimer Dorian, Hallward et la jeune Sybille. Cela a le don de faire réfléchir sur le moment le jeune Dorian, mais Henry est toujours là, dans l’ombre, pour le tirer un peu plus vers le bas. C’est donc indigne d’Henry, à la fin, d’en vouloir à Dorian d’essayer de se racheter un tant soit peu. D’un autre côté, c’est tout à fait naturel, de la part d’un père, de vouloir protéger son enfant des horreurs de la vraie vie, surtout lorsqu’on a soit-même créer son propre monstre, celui qui causera votre perte.

Par contre, comme bien souvent, je déplore la VF, qui fait passer les acteurs pour des greluches, et qui vide de sens la plupart des échanges.

Un film à voir, et qui, à mon sens, ne mérite pas les virulentes critiques dénonçant son manque de fidélité et sa médiocrité de réalisation.

NOTE : 15/20

via Le 7ème art

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