#2 La machine s’emballe

Après ma licence, j’ai décidé de suivre un cursus ingénieur. Cette année là, j’ai perdu 10 kg  entre Septembre et Décembre (dû à un rééquilibrage alimentaire personnel, à la reprise du sport en salle et au stress de la vie à l’école). Tout allait bien, j’étais contente. Puis ce que j’appelle aujourd’hui des « crises » sont devenues plus récurrentes, plus intenses, plus fatigantes. Je ne savais pas sur le compte de quoi les mettre, j’étais incroyablement gênée et n’en parlais à personne. Cette année là, moi qui ne suis pas du tout amatrice d’alcool (et étant légèrement angoissée par les personnes soûles qui ne se maîtrisent plus et sont totalement désinhibées), j’ai assisté à quelques soirées, sans pour autant me prendre de grosses « murges ».

J’ai commencé par mettre les crises sur le compte de l’alcool, puis certaines crises sont apparues sans que je n’ai bu quoi que ce soit. J’ai essayé de les rapprocher de choses que j’avais mangé, j’ai tout d’abord soupçonné des facteurs d’intoxication alimentaire : fruits et les légumes mal lavés, rupture de la chaîne du froid, vaisselle mal réalisée… Bref, une multitude de facteurs, certains extravagants, d’autres plus réalistes. Puis je me suis attaquée aux plats industriels (que je ne consomme que très rarement), aux fast-foods, au jus d’orange et autres aliments acides… Puis j’ai essayé de mettre ça sur le compte du stress. Mais rien n’y a fait. Les crises ne surgissaient pas à intervalles réguliers. Lorsque j’avais un début de piste, il disparaissait la fois suivante.

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Le problème, c’est que ces crises m’ont littéralement pourri la vie. Etre obligée de quitter en précipitation un boite de nuit car j’avais une impression de couteau dans les intestins et une diarrhée atroce, sans rien dire à personne et en essayant que personne ne le remarque. Ça m’a complètement gâché des tas de soirées entre amis, notamment mes 22 ans : j’avais organisé une grosse fête à la maison, résultat j’ai passé au moins 2h à naviguer entre ma chambre et les toilettes en haut, pendant que tous mes amis s’amusaient en bas. Imaginez l’angoisse d’avoir une crise, et l’horreur de sentir la crise arriver, ne rien dire à ses amis car c’est, débilement, quelque chose dont on a honte, et devoir quitter la soirée, que ce soit une petite réunion tranquille entre amis ou une soirée un peu plus importante en terme de monde et de musique.

Et si encore ça n’arrivait que là… Les crises survenaient également lorsque j’étais toute seule chez moi. En général, c’était la nuit, vers 1 ou 2h du matin. M’empêchant de dormir pendant plusieurs heures, ça a été mon seul facteur d’absentéisme à l’école. J’ai essayé de ne pas trop sécher les cours évidemment, mais parfois c’était inévitable…

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Je vous parle de crises, mais une crise, comme je l’appelle, c’est quoi pour moi ? Plusieurs phases interviennent :

  • La phase latente :

Je sens que quelque chose ne va pas, mais je ne réalise pas encore que c’est un crise. Je me sens un peu gênée (lorsque je suis éveillée), comme lorsque mes règles arrivent, ou que je digère mal. Lorsque je dors, c’est une phase où je sens que je suis à la limite entre le sommeil et l’éveil, j’ai conscience que je me tords un peu pour soulager inconsciemment mes maux de ventre, mais sans me réveiller tout à fait. Je sais que quelque chose ne va pas, mais je dors toujours.

  • La phase de réalisation :

C’est le moment où je réalise qu’une crise arrive. A partir de ce moment là, je sais qu’il me reste environ 40 minutes avant d’être obligée de passer mon temps aux toilettes. Bien entendu, lorsque je ne suis pas chez moi, je commence à paniquer et il faut absolument que je rentre chez moi – je sais qu’il faut d’abord que je fasse comprendre à mon chéri que ça ne va vraiment pas et qu’il faut rentrer ASAP à la maison, en restant discret. Je dois passer pour la grosse relou qui n’aime pas les gens, et j’aimerais que tout le monde sache que ce n’est pas parce que je ne les apprécie pas que je pars en milieu de soirée à chaque fois, mais parce que ces crises sont insupportables et que je préfères cent fois être dans un cadre rassurant, chez moi, où je peux gémir à volonté si j’ai trop mal, où je peux m’allonger ou marcher sans problème pour essayer de faire passer la douleur, où je peux me laisser aller.

Physiologiquement, je sens que tout se passe dans l’intestin descendant (le dernier segment avant le le côlon) et dans la courbure qui le précède. Ça gargouille (je sens mon ventre vibrer), et je sens toute l’activité qui s’y passe. Au rythme du péristaltisme (mouvements involontaires de l’intestin pour faire avancer les déchets) de mon gros intestin, j’ai des douleurs, similaires à des contractions. Une vive pointe douloureuse toutes les 10 ou 12 minutes. A ce moment là, je commence à avoir chaud (la douleur et la crispation), et je sais que lorsque les pointes s’allongent, c’est la phase critique qui commence.

  • La phase critique :

Pour être poétique, cette phase là ne se passe que dans les lieux d’aisance. En effet, pendant une à deux heures, je suis obligée de rester sur les toilettes, avec une diarrhée liquide hyper douloureuse rythmée par les contractions de mon intestin descendant. Pendant cette phase, qui me laisse pantelante, j’ai froid et chaud à la fois, et j’ai envie d’appuyer sur mon abdomen pour que tout ce qui me fait mal s’en aille enfin.

  • La phase de récupération :

Cette phase là dure entre 12h et 2 jours. C’est une période où je suis extrêmement fatiguée, par la douleur, la perte d’une partie de mon eau et de mes sels minéraux, par le manque de sommeil si ça m’est arrivé la nuit, et par la sensation d’irritation dans mes intestins.

 

Ô glamour, ô dignité, où êtes-vous donc passés ?

 

via Parlons bien-être

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