Jane Eyre / Charlotte BRONTË

“ Le destin dramatique de Charlotte Brontë transparaît dans l’histoire de son héroïne Jane Eyre, en rupture avec le puritanisme victorien de son époque. Orpheline maltraitée, sans fortune et sans beauté, Jane entre comme gouvernante au manoir de Thornfield, pour s’éprendre du ténébreux Rochester, le maître des lieux. Entraînés par une passion qui n’avait d’égale que leur exigence morale, ils envisagent bientôt le mariage. Mais une présence mystérieuse hante ce domaine perdu entre landes et bruyères.”

C’est loin d’être la meilleure 4ème de couverture que j’ai lu, et elle dessert, à mon sens, la magnificence de ce livre. Aussi a-t-il fallu des années avant que je me décide à l’ouvrir, moi qui avait pourtant adoré Orgueil et Préjugés et Les Hauts de Hurlevent, d’un acabit similaire. Lorsque j’ai enfin franchit le pas, je m’en suis littéralement voulue d’avoir laissé passer tant de temps sans connaître cette histoire. Je l’ai dévoré en peu de temps, n’ayant de cesse de vouloir découvrir la suite : Jane échappe-t-elle des griffes de sa tante ? Et l’internat, comment fait-elle pour ne pas sombrer ? Thornfield est-il si un bel endroit ? Et ce Monsieur Rochester, est-il attiré par elle, qui ne connais rien aux mystères de l’amour, où est-elle simplement un amusement de passage ? Ces rires effrayants… d’où viennent-ils ? Tant de questions auxquelles je voulait avoir des réponses, ce qui fait que j’ai terminé le livre en quelques heures seulement, quasiment d’une traite.

Chaque phrase sonne juste, comme si l’auteure (ou le traducteur, hommage à ces fantômes de la littérature qui la rendent pourtant accessible à chacun) avait cherché LE mot qui s’emboite parfaitement avec la pensée qu’elle souhaite coucher sur le papier. L’histoire se déroule simplement, sans à-coups, et si naturellement qu’on se croirait dans cette demeure de pierre qui ébranle la jeune fille. Tous les personnages trouvent leur place dans ce récit, et on s’attache à certains, notamment Miss Temple, la fragile Helen si en avance sur son temps, ou encore la gentille Mrs Fairfax ; là où l’on a en horreur d’autres affreuses personnalités, dont Mme Reed, M. Brocklehurst et Miss Ingram… Le dénouement guette le récit : heureux ou malheureux ? Jusqu’au dernier chapitre, la troisième soeur laisse planer un suspense savamment dosé.

Outre l’histoire elle-même, Charlotte Brontë aborde des sujets pertinents tel que la naissance de femmes prêtes à se battre pour leur indépendance et leur liberté. C’est un livre de dénonciation sociale : elle imagine une véritable héroïne, de basse extraction, mais qui transcende les moeurs de l’époque victorienne, où une femme n’était pas grand chose, et encore moins lorsqu’elle était gouvernante. La plupart des personnages incarnent la marge avec laquelle ils statuent pour l’époque : Jane, une gouvernante aux convictions féminines, qui exprime ses désirs ; Monsieur Rochester, le maître de son domaine, aux piques justes et acerbes, qui recueille Adèle, elle-même enfant illégitime…

Même presque 200 ans après son écriture, Jane Eyre reste intemporelle et universelle : c’est une battante qui ne se laisse pas brimer par les injustices et les humiliations. La nature ne l’a pas dotée de beauté naturelle, ce qui lui permet d’être appréciée pour ce qu’elle est vraiment. Une démonstration de force dans un milieu où, à l’époque (d’ailleurs, est-elle vraiment révolue ?), il fallait être beau pour être intéressant.

“La convention n’est pas la morale. La religiosité n’est pas la loi.” a écrit Charlotte Brontë. Voici une maxime qui prend tout son sens, au 19ème siècle comme aujourd’hui.

Ma note : 17/20

via Lecture au coin du feu

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