Django Unchained – 2013

Deux ans avant le début de la guerre de Sécession, dans le sud des Etats-Unis, un bien étrange duo se forme : le Dr King Schultz, chasseur de primes allemand interprété par Christopher Waltz, fait l’acquisition de Django, un esclave noir interprété par Jamie Foxx. Django pouvant aider Schultz à traquer les frères Brittle, des meurtriers, le Dr lui promet de lui rendre sa liberté si la mission est un succès. Dès lors, une amitié indéfectible se crée entre les deux hommes. Si bien que le Dr Schultz décide à son tour d’aider Django à libérer sa femme Broomhilda (Kerry Washington), dont il a été séparé par le commerce d’esclaves, et qui demeure dans une exploitation du Mississipi : Candie Land, propriété du puissant Calvin Candie, interprété par Leonardo Di Caprio.

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Ce film est le premier Tarantino que j’ai regardé. Et oui, j’avais énormément d’a-priori sur ce réalisateur et ses films (j’avais déjà eu un aperçu de Kill Bill, mais je n’avais pas accroché donc ça ne compte pas !), avec son ambiance spéciale et sa façon un peu grotesque de voir les choses. Et bien il n’y a que les idiots qui ne change pas d’avis, et j’ai fini par rejoindre le clan ouvert des Tarantinistes. Bref, je suis allée voir Django Unchained à sa sortie au cinéma, avec mon chéri, un peu réticente au début. En fait, je n’ai pas vu le temps passer (pourtant, 2h44, c’est long pour un film!) et j’ai adoré.

L’histoire n’avait pas commencé que je suis tombée dedans : je crois que je suis littéralement tombée amoureuse de la bande originale du film, qui mêle musique de vieux films western des années 70 avec des sonorités actuelles, et même avec du rap contemporain. Résultat : une bande son explosive, dont on ne se lasse pas, et qui accompagne à merveille le travail d’images du film. Tarantino parvient avec succès à intégrer des plans oldschool, aux teintes un peu délavées, et on marche, que dis-je, on court !!! Le premier plan, où l’on voit Django (dit Jango, sans le “D”) et ses compagnons opprimés, pieds et poings enchaînés, à demi nus dans la pénombre et la neige, rend l’atmosphère presque fantastique lorsque Schultz apparaît dans sa carriole, une énorme molaire bringuebalant au dessus de lui.

Outre les images et la musique, l’histoire elle-même, bien que basique (un homme se libère de sa condition et cherche à retrouver son amour “perdu”, ce qui fait un peu culcul dit comme ça) est passionnante. C’est une amitié inattendue qui naît entre un esclave affranchi et son mentor allemand, qui va lui enseigner la liberté, une façon de voir les choses absolument fantastique, et une façon éblouissante de dire les choses. Deux contradictions ressortent et sont du miel sous la langue : un ton humoristique tranchant et très bien tourné, même en version française, et l’atrocité de la traite des noirs au XIXe siècle. On y retrouve tous les classiques du racisme inhérent à cette époque envers ces êtres qui n’étaient pas considérés comme humains : fouet, insultes, traitement haineux, propos ethnocentriques… Un truc me dérange, ces aspects, très justes et présents dans Django Unchained, ne choquent pas le public, trop habitué à la violence dans ce monde actuel : cela ne heurte pas (plus?) les consciences. Et c’est atroce.

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Attardons-nous sur la question éthique de ce film : à l’époque, il était question de Blancs qui aimaient réduire à l’état d’esclave, que dis-je, d’animal, les hommes Noirs, qui n’avaient même pas le droit à la dénomination d’hommes. Des bêtes, tout juste bonnes à les servir, et à assurer la production de leur fortune en labourant des champs, en se brisant le dos et la santé à la tâche. Le film joue sur la maltraitance des esclaves Noirs. Tarantino invente des personnages élégants et raffinés à souhaits, mais pourris jusqu’à la moelle. Calvin Candie, magnifiquement interprété par Di Caprio, qui exprime tout son talent dans ce rôle de raclure, joue l’image positive des Blancs de l’époque, traitant ses esclaves avec douceur pour mieux les achever ensuite. Je pense notamment à la scène où il lâche ses molosses affamés sur un esclave en fuite. Il arrive à rendre le personnage haïssable, mais tout à fait véridique : il y croit vraiment, tentant scientifiquement de prouver l’infériorité des Noirs. On ne peut que haïr ce personnage, et congratuler amplement l’acteur qui en fait un véritable fils de p***. Dans ce même sujet, on peut également évoquer la complicité de certains Noirs, en fait plus Blancs que Blancs, qui n’hésitent pas à trahir leurs pairs pour satisfaire leur maître, à la manière d’un toutou. Ici, on parle de Samuel Lee Jackson, qui joue à perfection le rôle du vieux majordome de Candie, servile et vicelard à souhait.

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Je ne parlerai pas du dénouement (génial), ni de la scène finale (explosive) qui foutent des frissons, sur fond de musique épique. Le jeu d’acteur presque enfantin de Jamie Foxx rend le film habile et m’a rendu sournoisement addict. De plus, j’ai appris à aimer les scènes à la Tarantino : aucune balle perdue (fabuleux tireurs que Schultz et Django), des giclées de sangs à profusion et non numériques, le son du fouet qui vrille les tympans, un humour décalé, dynamique et génial. Je recommande !!!

Ma note : 18/20

Et toi, qu’en as-tu pensé ?

via Le 7ème art

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