La Princesse de Clèves

TEXTES ÉCRITS DANS LE CADRE DE L’EXERCICE N°1 « RÉÉCRITURE & REGISTRE » DE CHLOÉ PAQUET.
EXERCICE: RÉÉCRIRE L’Extrait de La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette, 1678 EN CHANGEANT DE REGISTRE

Texte initial :

« Il (Monsieur de Nemours) entendit que Monsieur de Clèves disait à sa femme:

« Mais pourquoi ne voulez-vous point revenir à Paris? Qu vous peut retenir à la campagne? Vous avez depuis quelque temps un goût pour la solitude qui m’étonne, et qui m’afflige parce qu’il nous sépare. Je vous trouve même plus triste que de coutume, et je crains que vous n’ayez quelque sujet d’affliction.

– Je n’ai rien de fâcheux dans l’esprit, répondit-elle d’un air embarrassé; mais le tumulte de la Cour et si grand, et il y a toujours un si grand monde chez vous qu’il est impossible que le corps et l’esprit ne se lassent, et que l’on cherche du repos.

– Le repos, répliqua-t-il, n’est guère propre pour une personne de votre âge. Vous êtes, chez vous et dans la Cour, d’une sorte à ne pas donner de lassitude et je craindrais plutôt que vous ne fussiez bien aise d’être séparée de moi. ». »

Extrait de « La Princesse de Clèves », Madame de Lafayette, 1678


 

Réécriture du texte en registre « plus soutenu que soutenu^^ » :

Il ouït Monsieur de Clèves déclamer à sa légitime :

“Mais en vertu de quel fondement n’aspirez-vous point à regagner la capitale ? Quelle obligation peut bien vous donner le soucis de demeurer en villégiature ? Ma mie, je me dois de vous faire part de mon appréhension quant à la déréliction où vous sombrez et semblez vous complaire ces derniers temps, laquelle me chagrine de par l’abîme que cela creuse entre nous. Vous me semblez par ailleurs souffrir d’une mélancolie plus véhémente qu’à l’accoutumée, et j’ai hélas la crainte que vous ne soyez accaparée par de sombres maux.

-Je ne souffre ni de corps, ni d’esprit, s’empressa-t-elle d’assurer, la mine déconfite; néanmoins, je puis croire que vous confier ma lassitude pourrait me soulager. L’immensité de la Cour, l’incessant tourbillon mondain dans lequel nous sommes toujours abîmés, rend utopique l’espoir de laisser à nos esprits et nos corps le temps de se délasser, et dois bien vous avouer mon éreintement.

-La bienséance de votre rang, récrimina-t-il âprement, est à mille lieux de légitimer la concupiscence de la détente. Aux yeux de tous, votre idiosyncrasie n’est point notoire pour votre lassitude, et il m’est d’avis qu’à la vérité, vous ne vous évertuiez sciemment qu’à ériger un garde-fou entre vous et moi. »


 

Réécriture du texte en registre courant

Il écouta Monsieur de Clèves dire à sa femme :

“Mais, pourquoi ne veux-tu pas revenir à Paris ? Qu’est-ce qui te retient à la campagne ? Depuis quelques temps, tu as tendance à être distante, et cela m’étonne de toi. Je suis triste de ne pas pouvoir t’aider, et ça ne fait qu’agrandir le fossé entre nous. Tu es mélancolique, est-ce que tu as des soucis dont tu voudrais me parler ?

-Ne t’en fais pas, je vais bien, répondit-elle avec embarras. Mais je dois t’avouer qu’avec toute l’agitation qui règne à la maison, et le fait que l’on soit toujours envahis par tes multiples assistants et ton défilé de clients, il m’est impossible de me concentrer ni de me reposer correctement.

-A ton âge, tu ne devrais pas être déjà fatiguée par notre rythme de vie, répliqua-t-il. Cette excuse n’est pas crédible : tu es trop intelligente pour ne pas apprécier notre vie et l’aisance qui en ressort. Je pense plutôt que ce repos est délibéré, puisqu’il te permet de rester loin de moi.”


 

Réécriture du texte en registre familier

Il écouta Monsieur de Clèves lancer à sa femme :

“Non, mais pourquoi tu veux pas rentrer à Paris ? C’est tellement mort ici, je ne vois pas qu’est-ce qui te retiens ? T’es toujours distante en ce moment, c’est bizarre, et tu sais que j’aime pas ça. Je vois bien que quelque chose va pas et que t’es tout le temps triste : t’as des problèmes ?

-T’inquiète, dit-elle, mal à l’aise. C’est juste qu’à Paris, tout est bruyant, c’est toujours le bordel chez nous, il y a sans cesse du monde, et j’en peux plus moi, je veux juste me reposer.

-Te reposer ? T’es sérieuse ? Mais tu bosses pas et t’as pas de gosses, t’es jeune : t’as pas le droit d’être fatiguée. Je t’ai tout donné, et là, tu sais ce que je crois ? Je crois que c’est juste l’excuse la moins bidon que t’as trouvé pour qu’on soit pas ensemble. »

 

Crédit Image : Film « La Princesse De Clèves » de J. Delannoy (1961)

via Les essais de Plume / ATELIER D’ECRITURE

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