#4 Vivre avec… LA SOPHROLOGIE

Vivre avec la colopathie fonctionnelle : la Sophrologie, ou apprendre à vivre en harmonie entre sa tête et son corps.

Lorsque j’ai appris que j’étais colopathe, je n’ai rien extériorisé… Grave erreur. J’avais l’impression d’étouffer, mais rien ne pouvait sortir, où si j’essayais, c’était pour m’entendre dire que ce n’était pas une vraie maladie, que ce n’était pas grave, que je n’avais qu’à faire avec et que de toute façon, il y avait bien pire. Bon… comment dire… Je n’étais pas dans les meilleures dispositions pour m’extérioriser quoi ! Il n’y a que le chéri, lui qui vivait au quotidien mes crises, pour essayer de dégager les débris du roc qui s’était effondré sur moi. Bien que d’une grande aide, ça ne suffisait pas. Je faisais limite abstraction du diagnostic. Deuxième erreur de ma part. Pour des raisons médicales que je n’évoquerai pas ici, j’ai, de fil en aiguille, été orientée vers une infirmière intervenant à titre associatif dans le cabinet médical où je consulte. Grâce à sa formation en sophrologie, et à son écoute, je me suis peu à peu libérée.

Je connaissais le principe de la sophrologie, mais ne l’avais jamais expérimentée par moi-même. De plus, je pensais que c’était uniquement une méthode de relaxation et de respiration pour apprendre à maîtriser son stress. Bien que ce soit effectivement une méthode de relaxation, elle peut intervenir dans toute sorte de problèmes car elle permet au corps d’apprivoiser toute action positive à son encontre.

Tout d’abord, j’ai pu, au fil du temps, accepter cette pathologie qu’est la colopathie fonctionnelle. J’ai mis plusieurs semaines à m’autoriser à dire que j’étais malade, que ce n’était pas dans ma tête. Elle m’a ouvert les yeux, et m’a dit que j’avais parfaitement le droit de ne pas aller bien. Ce que je ne m’autorisais pas à faire auparavant : la bravade, toujours le sourire. Tout va bien. En surface…

Avec ma thérapeute, car oui, je le ressens comme une véritable thérapie, nous avons commencé par parler, beaucoup. J’ai pleuré, beaucoup également… Une vraie pisse-à-l’oeil ! Mais qu’est-ce que ça fait du bien de mettre des mots sur des sentiments, des ressentis, des douleurs. Petit à petit, nous avons ensuite abordé le fait que j’avais pris l’habitude de percevoir les douleurs de mon ventre. Uniquement les douleurs. J’étais toujours à l’affût du moindre borborygme, du moindre gargouillement (ce qui n’arrivait qu’en période de crise… car sinon, mes intestins ne gargouillaient jamais). Je ne savais plus – et à l’heure actuelle j’ai encore beaucoup de mal… – ressentir le bien-être dans mon ventre. Il était toujours à la limite de ma conscience, à toujours chercher les premiers signes de douleur. Si bien que les premières séances de sophrologie à proprement parlé ont été dédiées à réapprendre à sentir mon ventre, et pas seulement en moment de crise ou avec l’appréhension de la douleur. J’ai toujours du mal à prendre conscience de mes intestins en période de calme (ce qui est en ce moment toujours le cas car VICTOIRE, je n’ai pas eu de crise depuis décembre… depuis que je ne bois plus une seule goutte d’alcool #ondiraitunealcooliquequiparle).

Ainsi, j’ai appris à ressentir tout ce qui se passe dans mon corps, en partant du sommet de mon crâne, jusqu’au bout de mes orteils. Chaque organe, chaque partie de mon corps, j’ai appris à prendre conscience de leur présence, de leur place dans l’espace de la pièce, de leur positionnement les uns par rapport aux autres, de la tension et du relâchement de mes muscles, du battement de mon coeur, de ma respiration, de la pression de mes vêtements sur ma peau, du contact du fauteuil sur mon dos, mes fesses et mes cuisses, et de la planitude du sol sous mes semelles. Comme je l’ai dit précédemment, me concentrer sur mon ventre est toujours difficile : c’est comme une image mentale qui m’échappe, de moins en moins certes, mais un peu comme lorsqu’on essaye de regarder à travers une fenêtre embuée. J’aimerais pouvoir écarter cette barrière comme l’on essuie la vitre, d’un revers de la main, mais pour l’instant, c’est toujours assez difficile.

Ensuite, la sophrologue me guide pour expulser toutes les tensions, et me remplir d’ondes positives. Dis comme ça, ça a l’air un peu bizarre, mais comme à ce moment là, je suis dans une demie-conscience, et bien ça fonctionne. Dans ces cas là, je rejette en bloc la souffrance, et les tensions liées à l’appréhension d’une crise. Je me concentre sur des images, des sons, des odeurs agréables, par lesquelles je remplace les choses négatives. Je ne puis décrire ce qui me remplit de bonheur : l’odeur de la pluie, de l’humus près d’une cascade, des fruits frais, de la mer, de l’encre et du papier, le bruit de la cascade qui coule, du piano et de la flûte de pan, d’un orchestre grandiose, du chuchotement de la brise et des oiseaux, du ressac de l’océan, du contact de l’herbe sous mes pieds nus, d’un livre que j’ouvre pour la première fois, des draps propres sur mon corps, de la fraîcheur de la vitre sur laquelle j’appuie ma joue chauffée par le soleil, et du réconfort d’une tasse de thé brûlante entre mes mains, des images de nuages en coton dans le ciel du soir teinté de rose et d’orange, des étoiles blanches, bleues et rouges qui tournent dans le ciel, de la brume de printemps qui se lève le matin sur les champs… Des choses simples, et matérielles pour celles que je viens de décrire, mais parfois il suffit simplement d’une couleur, ou d’un son neutre pour me sentir bien. Remplacer l’inconfort, la peur et la douleur par des choses agréables, ce qui m’aiderait à mieux accueillir les crises, et à diminuer la douleur.

Chaque séance de sophrologie n’est pas uniquement consacrée à la session de relaxation. Parfois, nous ne faisons que discuter, et grâce à ma thérapeute, j’arrive à prendre conscience de choses dont je soupçonnais l’existence mais qui m’échappaient…. Ce sont des temps de pause que j’avais pas le temps / l’envie / la conscience ? de prendre seule, et qui sont véritablement bénéfiques pour moi. La preuve : je sors généralement de mes séances lessivée, fatiguée mais soulagée de quelques poids, et à chaque fois un peu plus… propre. Je n’ai pas d’autres mots pour ça ! Si j’ai un conseil à donner… N’hésitez pas à tester. C’est une façon de mieux se connaître, de s’accepter et de s’aimer, de prendre soin de soi… que l’on soit malade ou non.

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