La caverne de glace noire / Julie Victoria JONES

“Les Maleterres.

Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver.

Au Nord, des clans guerriers en conflit.

Au Sud, des seigneurs avides qui convoitent les territoires des clans.

Raif, un jeune adolescent de 16 ans, est un archer accompli. Sa vie bascule le jour où, de retour de chasse, il découvre que les hommes du clan, parmi lesquels son père, ont été horriblement massacrés. Il rallie alors un clan voisin, mais son caractère rétif et impétueux le contraint bientôt à l’exil.

Ash est la fille adoptive de Penthero Iss, le haut-seigneur gardien de la forteresse de la Tour-Vanis. A 15 ans, elle est une très belle adolescente. Mais elle est hantée la nuit par des cauchemars de glace et de sang, et l’attention malsaine que lui porte son père l’oblige bientôt à fuir… Ensemble, Raif et Ash partiront sur les Maleterres enneigées, poursuivis par les sbires de Penthero Iss, à la recherche d’un lieu dont ils ignorent même s’il existe vraiment : la Caverne de glace noire. Un voyage épique, qui changera leur vie à jamais…”


Le livre que je vous présente ici est à l’origine paru en 2 tomes (Le piège de glace blanche* et La caverne de glace noire**). Il constitue le premier volet de la saga L’épée des ombres, qui compte également La forteresse de glace grise (composé de La piste des glaces*** et de La forteresse de glace grise****), L’épée dans la glace rouge***** et Le Veilleur des morts******.

Bon, alors voici une auteure que j’adore, et que je voulais vous présenter depuis le début. J’ai dévoré ses deux autres sagas que je présenterai probablement bientôt, dans une petite Lecture au coin du feu bien inspirée : Le livre des mots et La ronce d’or.

30728217_10215258912323755_1687565037977206784_n.jpg

L’épée des ombre diffère de ses deux précédentes saga. Plus sombre, peut-être plus aboutie également, dans tous les cas, passionnante. L’auteure excelle dans l’art du récit en multi-perspective : chaque chapitre est consacré à un personnage, faisant avancer toutes les histoires de front. C’est un sacré challenge que de ne faire aucune erreur temporelle…

Certains diront que les descriptions à rallonge sont usantes et font perdre au récit son rythme. Je ne suis pas d’accord avec cela : j’adore les longues descriptions, et ici, elles appuient la difficulté de vivre dans les Maleterres, où le moindre faux pas peut être payé de sa vie. Le récit ne trébuche pas en avant car Jone ne fait pas l’erreur, contrairement à d’autres auteurs, de vouloir aller plus vite dans son histoire. Elle prend son temps, et rythme les vies de Raif, Ash, Marafice L’Oeil, du clan Grêlenoire et du clan de Bludd par de petits événements, dont peu finalement sont majeurs. Mais mis bout-à-bout, ils donnent un récit vivant : très franchement, on s’y croirait. La force du livre également, est de ne pas s’adresser qu’aux adolescents. Certains détails font frémir, mais ils sont si bien tournés que l’on n’y voit en aucun cas une volonté de choquer. Je pense notamment au moment où Raif se fait torturer, Raina violer ou bien aux moments où l’on parle de l’Homme-Sans-Nom (d’ailleurs, très beau lien avec la saga Le livre des mots… mais je n’en dis pas plus !).

A contrario, autant j’aime beaucoup les personnages secondaires, autant j’ai un peu de mal à supporter les deux personnages principaux parfois. Attention : ils sont tous les deux très attachants, mais (surtout dans les tomes suivants), Ash ne fait que se laisser porter par les événements et par des gens plus costauds qu’elle. Mine de rien, elle quitte La Tour-Vanis et Penthero Iss, qui lui disait toujours que faire, pour retomber dans les filets de Raif et Angus, puis dans celles de Mal-Qui-Dit-Non et d’Ark-Ouvre-Veines. Certes, elle n’y peut rien, mais ça a parfois tendance à m’agacer ! Quant à Raif, il met un certain moment à ne plus se sentir abattu, et même s’il continue, par la suite, de penser à son clan, à son frère Drey et à sa sœur Effie, c’est une libération lorsqu’il intègre ENFIN qu’il ne fait plus partie du clan… On peut enfin s’éclater… au moins à moitié.

Presque tous les personnages sont attachants, même Penthero Iss, qui ne veut que asseoir sa position. Ah non, Masse Grêlenoire par contre… un vrai connard ! Et langue de vipère avec ça… Il a tout pour qu’on le déteste, à commencer par une tendance manipulatrice telle qu’on a juste envie de crier aux membres du clan : “Mais vous êtes complètement débiles ou quoi ? Vous ne voyez pas comme il vous manipule ?” Mais non ! Ils préfèrent bannir Raif… et se faire souiller bien comme il faut par le clan Scarpe, gros squatteur.

J’ai aimé la façon dont l’auteure a revisité le classicisme de l’heroic fantasy :

  • les humains sont devenus les habitants des villes avec leurs métiers, leur souveraineté, leur culte du Dieu unique,
  • les nains sont devenus les hommes des clans, avec leur mode de vie rude et difficile, leur tendance aux conflits, leur polythéisme, leur culte de la pierre et leur phobie de la magie,
  • les elfes sont devenus Sulls, avec leur maîtrise de la magie ancestrale, leur force et leur intuition surhumaines, leurs villes cachées et leurs phrases sybillines,
  • les orques et autres créatures de l’obscure sont incarnés par ombres de l’autre côté du mur, dans l’au-delà… pas si loin que cela.

Ce qui caractérise également le monde de Julie Victoria Jones dans L’épée des ombres, mais également dans Le livre des mots, c’est que la magie n’est pas la réponse à tout, elle est expliquée et surtout, on ne peut l’employer sans conséquences. Finalement, elle apporte juste ce qu’il faut de mysticisme, tout en restant très subtile et empiéter sur le déroulé de l’histoire.

J’ai également aimé le fait que rien ne soit écrit d’avance (étrange tournure lorsqu’on parle d’un livre !). Je m’explique : je trouve l’histoire imprévisible, et bien qu’elle suive un fil rouge, les événements annexes sont la plupart du temps inattendus, et totalement bienvenus.

En conclusion, ce livre est une parfaite balance, et je trouve que tout est amené avec justesse. D’ailleurs, chapeau aux traducteurs, car passer le récit de l’anglais au français peut parfois faire perdre de sa substance à la puissance de l’oeuvre. Là, tout est fait pour laisser une part à l’imagination, et pour guider le lecteur vers un monde impitoyable vers lequel on voudrait tout de même être transporter…

 

Ma note : 17/20

 

Et toi, as-tu lu les œuvres de J.V. Jones ? Qu’en as-tu pensé ? Fais-nous partager ton expérience littéraire !

 

via Lecture au coin du feu / CRITIQUES LITTERAIRES

Un commentaire sur “La caverne de glace noire / Julie Victoria JONES

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :