Novala

Sam ferma les yeux. Les secousses de la navette, provoquées par l’entrée dans l’atmosphère de Trappist-e, remontaient le long de sa colonne vertébrale, pourtant fermement maintenue contre le dossier de son siège par des harnais de sécurité solidement attachés. Bientôt, les secousses s’atténuèrent, et par le hublot, Sam put découvrir la lune qu’ils étaient chargés d’explorer.

Le troisième jour du mois d’avril 2056, soit quarante ans après la découverte du système lunaire Trappist, une navette avait décollé du CNES, Terre, à 8h56 précisément, heure locale. Elle avait rejoint un complexe en orbite autour de la Terre depuis deux ans, afin que les équipages puissent rejoindre leurs vaisseaux en direction d’exoplanètes lointaines afin de les étudier. Ce voyage, qui aurait pris plusieurs milliers d’années au début du siècle, n’aurait été possible sans la maîtrise de la fission nucléaire. Cette technologie permit au vaisseau Explora-6, l’un des 7 vaisseaux affrétés pour cette mission, d’effectuer le voyage vers le système lunaire en trois ans, huit mois, seize jours et une heure. Grâce au financement engagé par la SPSU, la Société de Protection et la Sauvegarde de l’Humanité, ce projet de 83 milliards d’euros avait pu voir le jour. Il s’agissait en fait d’envoyer quelques-uns des plus brillants scientifiques, chacun ayant sa spécialité, afin d’étudier sur place les exoplanètes les mieux placées pour pouvoir abriter de la vie et, le cas échéant, accueillir des colonies humaines pour débuter la conquête de l’espace. Les êtres humains à bord avaient été plongés en hibernation artificielle durant trois ans, tandis que le vaisseau avançait vers sa destination en mode automatique, puis ils s’étaient réveillés pour se préparer durant les quelques mois avant d’arriver à destination. Une fois sur place, le plan était d’y rester six mois durant lesquels les chercheurs seraient chargés de collecter des échantillons, étudier les terrains et l’air ambiant. Bien plus rapide qu’une mission confiée à un robot, les experts pourraient en plus fournir leurs impressions et témoigner de ce qu’ils avaient vu : depuis Neil Armstrong, ils n’étaient pas nombreux à avoir mis le pied sur un bout de caillou dans l’espace, et tous étaient des astronautes émérites.

Samuelle Delatour, qui se faisait bien plus volontiers appeler Sam que Samuelle, se nommait comme cela car ses parents pensaient avoir un garçon. Naturellement, ils avaient été surpris, et apparemment, cela les avait empêchés de trouver autre chose. Grande travailleuse, elle était naturellement dotée d’une logique impartiale et d’une grande intelligence. Elle était tout simplement brillante. A seize ans, Sam avait été acceptée à Cambridge, où elle avait chaque année été reçue majore de promotion. Passionnée par les êtres vivants, elle s’était rapidement spécialisée dans l’étude du génome. A dix-neuf ans, elle avait mené plusieurs études quant à la caractérisation de microorganismes pélagiques prometteurs dans la lutte contre la leucémie. A vingt-et-un ans, elle avait découvert plusieurs séquences génomiques impliquées dans l’apparition de tumeurs malignes chez l’Homme. Deux ans plus tard, alors qu’elle travaillait pour le Pr. Heinshtrich à Zurich, la découverte d’une enzyme impliquée dans la croissance anarchique de cellules cancéreuses lui avait permis de devenir la plus jeune lauréate du prix de cancérologie décerné par l’Académie des Sciences. Indéniablement, son intelligence et sa vivacité d’esprit l’avait amené à devenir l’un des professeurs les plus émérites et les plus éminents d’Europe.

Aujourd’hui, à vingt-sept ans, à douze parsecs de la Terre, soit 39,876 années lumières, Sam se remémorait ce qui l’avait conduite jusqu’ici, à savoir une ardente envie d’améliorer les choses dans un monde surpeuplé où une grande partie de la population n’avait que très peu accès aux soins élémentaires, et dont les conditions de vie délétères ne pouvaient que trancher avec le milieu d’où elle venait. Ses parents, des aristocrates français installés en Angleterre depuis plusieurs générations, étaient des gens aimants mais qui ne s’intéressaient qu’au monde aisé qui était le leur. Parler de la misère dans le monde, s’inquiéter du sort des pauvres gens nés sous une mauvaise étoile leur arrivait certainement, mais les œillères que l’argent conférait aux gens de leur rang les privaient d’actions.

Ils auraient sans aucun doute légué cette vision à Sam si celle-ci, au cours d’un voyage scolaire à la galerie d’art de Londres, ne s’était pas perdue. La fillette s’était endormie dans le bus et elle avait échappé à la vigilance de la jeune professeure en garde de la sortie. Lorsqu’elle s’était réveillée, elle était dans un quartier qu’elle ne connaissait pas. Le chauffeur était sorti pour acheter le journal au kiosque du coin. Samuelle, qui était pour la première fois de sa vie seule et confrontée au monde, était sortie du bus. Inquiète, elle voulait attendre le chauffeur pour qu’il la ramène au musée, mais le voyant tardé, elle s’intéressa à ce qui se passait autour d’elle. Des immeubles sales entouraient la petite place à l’odeur fétide où le bus était garé. Un parc aux barrières rouillées se situait juste à côté, et Sam, qui avait faim, se dirigea vers un camion de marchand de glace avant de s’apercevoir que celui-ci était abandonné. Tournant dans une rue, Sam ne tarda pas à se perdre. La fillette commençait à paniquer lorsqu’elle entendit une voix qui la hélait : « Petite fille ! Que fais-tu toute seule ici ? Tu es perdue ? ». Un homme vêtu de haillon et dont la longue barbe mangeait sa figure se dirigea en claudiquant vers elle. Avec toute son innocence d’enfant, Sam fit confiance à l’homme qui allait lui ouvrir les yeux. Bien entendu, ce n’est qu’avec le recul qu’elle comprit plus tard que cette rencontre était son appel à elle, le moment qui orientait toute une vie. La rassurant, le clochard l’avait conduit vers une boulangerie où, Sam s’en doutait, il donna tout l’argent qu’il avait en réserve pour lui acheter une viennoiserie. Puis, pour attendre le retour du chauffeur qui tardait, l’homme s’assit par terre contre un mur, et l’invita à le rejoindre. Polie, Sam lui proposa la moitié de sa viennoiserie, qu’il refusa bien qu’il n’eut rien dans le ventre depuis deux jours. Elle lui demanda qui il était, il lui répondit qu’il n’était qu’un homme à qui il était arrivé de mauvaises choses. Il s’appelait Arnaud. Instituteur, il avait perdu toutes ses économies lorsque sa fille était tombée malade. Une leucémie, bien que Sam ne sache pas encore de quoi il s’agissait. A la mort de son enfant, sa femme l’avait quitté, et il s’était rendu à l’évidence : les amis qu’il pensait avoir avaient des choses bien plus importantes à cœur que lui. De fil en aiguille il avait perdu son amour, son travail, sa maison. Depuis, il vivait de menus travaux et dormait le plus souvent dans la rue. Il sortit une photo cornée de son manteau et la montra à Sam : une jeune fille d’environ dix ans souriait, assise sur une balançoire. Le dos de la photographie portait l’inscription : Maya, 2033. « C’est ma raison de vivre », dit-il, une larme se perdant dans sa barbe. Sam avait été subjuguée par l’histoire bouleversante de cet homme pauvre et malheureux qui vivait à quelques minutes en bus de son école, de sa maison. Le chauffeur de bus était arrivé quelques minutes plus tard, et catastrophé, avait saisi la fillette pour la ramener au musée, remerciant brièvement Arnaud en lui donnant un billet de 10 livres, et ils étaient partis. Par la vitre du bus, Sam regardant le square s’éloigner, en agitant la main vers le monsieur qui l’avait aidé. Lorsqu’elle avait retrouvé sa classe, la professeure était si soulagée qu’elle ne gronda même pas la fillette.

Le soir, ses parents la sermonnèrent de ne pas avoir été plus attentive et surtout, d’avoir fait confiance à un inconnu. Lorsqu’elle essaya d’expliquer toute la lourdeur et la détresse qui gonflait son petit cœur d’enfant, ils ne comprirent pas et l’envoyèrent au lit tôt. Une dizaine d’années plus tard, lorsque Sam fut assez grande pour sortir sans la permission de ses parents, elle tenta de retrouver l’homme qui l’avait aidé, et apprit par des amis qu’il s’était fait dans la rue qu’il était décédé l’hiver précédent. Face à son désarroi, l’homme qui lui apprit la mort du clochard lui donna une vieille enveloppe, dans laquelle se trouvait la photographie jaunie qu’Arnaud lui avait montré des années auparavant.

La jeune femme sentit le poids imaginaire de cette photo alourdir la poche qui l’abritait. Aujourd’hui, elle accomplissait quelque chose qui allait changer le monde, d’une façon ou d’une autre. Bien entendu, elle n’était pas seule dans cette tâche à la fois excitante et effrayante. Ils étaient sept, avaient eu quelques mois pour apprendre à se connaître, et ils s’entendaient tous très bien. L’équipage pilote était composée de dix-sept personnes travaillant sous le commandement du capitaine Vörg. L’équipe scientifique ne les voyait que rarement. En revanche, ils passaient beaucoup de temps entre eux, travaillant en collaboration, chacun apportant ses propres connaissances et ses propres expériences.

Il y avait tout d’abord Peter O’Donnell, l’ingénieur mécatronicien dublinois, qui les ravissait d’histoires de son pays de légendes. Il avait fêté ses trente ans à bord du vaisseau. Franc rieur, il était la bonne humeur incarnée, et voyait toujours le verre à moitié plein. Son travail à bord s’était pour l’instant résumé à aider l’équipage à réparer ici et là le vaisseau, et à fabriquer de quoi rendre la vie à bord plus agréable.

Le vieux Björn Svoltheim, finnois d’origine, était l’astronome de l’équipe, et avait acquis tant de connaissances que ses interventions, rares, se révélaient très précieuses d’instructions. Veuf, c’était un homme calme et taciturne, qui passait beaucoup de temps à écrire et à étudier, passant son temps sur les tablettes reliées au réseau interne du vaisseau, et si ce qu’il y trouvait ne le satisfaisait pas, il pouvait passer des heures le nez dans d’énormes et anciens volumes qu’il avait apporté avec lui.

Marc Noisseau, géologue d’environ cinquante ans, était un peu le père de substitution des plus jeunes. En effet, il avait laissé sa famille pour ce périple, et tous savaient que ses quatre enfants et sa femme, dont les photos ornaient la cabine, lui manquaient énormément. Afin de combler ce vide, il s’était pris d’affection pour Sam et ses amis. Cependant, il était le plus grand spécialiste des mouvements de plaques tectoniques, et connaissait tous les minerais disponibles sur Terre, ainsi que leurs caractéristiques. Il était lui-même à l’origine de l’alliage utilisé pour construire la plupart des plaques composant le vaisseau.

L’autre membre féminin de l’équipage était Kavita Seveles, avec qui Sam s’était particulièrement lié d’amitié. Kavita avait une quarantaine d’années, et avait vécu infiniment de choses : mariée, divorcée, remariée, à nouveau divorcée, elle agissait sans attendre. Ce n’était ni de l’impatience, ni un manque de réflexion puisqu’elle comprenait la mesure et les conséquences de ses actes, mais elle était comme ça : vivante. Vive d’esprit et loquace, cette anthropologue New-Yorkaise d’origine mexicaine avait publié plusieurs ouvrages et possédait, en plus de son post-doctorat d’anthropologie, un doctorat de sciences sociales et un autre de psychologie. Autant dire que rien, concernant les relations humaines, ne lui échappait.

Le sixième membre de l’équipe scientifique dépêchée par le SPSH était Osouf Djalam, surement le plus grand physicien depuis Stephen Hawkins. Ethiopien, il était issu d’une famille pauvre et très nombreuse. Remarqué à l’école, c’est grâce à une bourse au mérite qu’il a pu lancer sa carrière. Ayant réalisé ses études et une grande partie de son parcours professionnel aux États-Unis et en Europe, il a particulièrement brillé en Suisse où il a travaillé à l’amélioration de l’accélérateur de particules du CERN, permettant ainsi de maîtriser la fusion nucléaire. Célibataire endurci, il s’adonnait souvent à la méditation et possédait un voix grave et douce qui apaisait toutes les peurs et les angoisses qui pouvaient survenir dans cette boîte de ferraille chargée de les emmener si loin de chez eux.

Enfin, Kay Isotawa, un jeune japonais d’une vingtaine d’année, avait été recruté afin d’aider les scientifiques dans leur travail. Manager dans une entreprise pharmaceutique, c’était un jeune homme d’une grande bonté et par nature ambitieux. Il veillait à ce que tout, du laboratoire aux couchettes, soit en ordre, et était pour chacun d’une grande aide organisationnelle.

Ensemble, ils avaient été recrutés parmi des centaines d’autres candidats, et après avoir suivi un entraînement intensif de plusieurs mois, avaient tout simplement quitté la planète qui les avait vu grandir pour aller explorer de potentielles futures planètes mères. Les deux planètes qu’ils avaient exploré au cours des deux mois avait mis en évidence des traces d’eau liquide. La température y avait été supportable mais les taux de souffre y étaient un peu trop importants pour qu’ils puissent espérer un jour les coloniser. De plus, aucun signe de vie n’avait été détecté. Mais tous les membres de l’équipage savaient que le gros de la mission concernait la dernière lune, celle qu’ils allaient découvrir pour la première fois dans quelques instants. Les espoirs reposaient sur cette lune, et si les autres avaient été explorées, c’était plus grâce à un désir de ne rien omettre que par réelle nécessité. Trappist-e était la première exoplanète, une lune en l’occurrence, de la taille de la Terre et présentant un spectre similaire, avec des traces de constructions détectées à sa surface. Une grande masse noire de composition inconnu avait également été détectée, et c’est à proximité de celle-ci que la navette était en train de se poser. En descendant de la navette, les scientifiques surent tout de suite qu’ils étaient en présence d’un phénomène sans précédent. Il était évident que les structures qui se dessinaient à l’horizon n’étaient pas d’origine naturelle.

Une heure plus tard, le déchargement du matériel était terminé. Leurs gestes n’étaient pas entravés par les combinaisons individuelles dont ils étaient vêtus. Tout comme leurs scaphandres, elles étaient réalisées sur-mesure, et s’adaptaient au moindre de leurs mouvements. Des informations étaient projetées à hauteur des yeux, et ils étaient tous reliés par radio les uns aux autres, ainsi qu’au reste de l’équipage. Ainsi, ils pouvaient communiquer sans problèmes, et la gravité était semblable à celle recréée dans le vaisseau, et donc à celle de la Terre. Parmi le matériel qu’ils avaient emporté, il y avait des mallettes pleines de matériel de prélèvement, des instruments de mesure dont un vieux mais fiable compteur Geiger pour mesurer la radioactivité, un pic de forage portatif, un kit de datation, des géothermomètres. Il y avait même un énorme véhicule ressemblant à un tank, semblant être tout droit tiré d’un film de science-fiction. En s’engouffrant dans le véhicule dernier cri, fournit par la NASA, qui allait les emmener vers les structures qui s’élevaient au loin, ils se regardèrent les uns et les autres, des étoiles dans les yeux. Tous savaient qu’ils étaient des pionniers dont les noms allaient rester gravés dans l’Histoire.

Chaque endroit où ils posaient le vaisseau était magnifique. Si un rapide coup d’œil aurait pu laisser croire à une Terre bis, en y regardant de plus près, les scientifiques s’aperçurent qu’il n’en était rien. La vie abritée sur Trappist-e semblait beaucoup plus petite, ce qui était surement dû à une gravité deux fois et demie supérieure à celle sur Terre. Pour autant, la flore, elle, était démesurément grande. Des sortes de réseaux arborifères couraient parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres de long, s’élevant à quelques 400 mètres au dessus de leurs têtes. La biologiste ne mit pas longtemps à comprendre que ces arbres étranges, qui semblaient des centaines de milliers, n’étaient en fait qu’une seule et même entité, s’étendant sur des centaines de kilomètres carrés. Si l’un trouvait de l’eau, il en donnait à ses voisins, idem si l’un d’entre eux tombait malade. Il était difficilement imaginable que de telles structures le puisse, et pourtant, ils étaient tombé un jour tombés sur une zone “morte”, où tout n’était que poussière et sol pourri. L’air lui même semblait vicié à travers leurs scaphandres. Ils n’étaient restés là que quelques heures, le temps de collecter quelques échantillons, mais étaient vite repartis vers une zone plus vivante, même si Sam serait bien restée davantage pour essayer de comprendre les raisons de cette absence de vie. Durant les quatre mois que dura la mission, ils effectuèrent des sorties presque chaque jour, sauf par mauvais temps, et collectèrent des milliers d’échantillons de toutes sortes. Ils prirent des milliers de clichés en plus des données satellites et des images prises de l’espace par le vaisseau. Les fameuses structures qu’ils avaient aperçus en arrivant pour la première fois étaient bien des constructions, aux étranges arabesques et verrières polies, aux arches impressionnantes et construites dans un matériau inconnu, qui reflétait et laissait en même temps passer la lumière. D’immenses ouvertures ornaient les édifices, pour la plupart sphériques. Ils avaient l’air abandonnés depuis longtemps, certains disparaissant déjà sous la végétation luxuriante qui reprenait peu à peu ses droits. l’anthropologue tenta de déchiffrer des inscriptions, gravées sur la maçonnerie, mais elle due se rendre à l’évidence : décrypter de tels symboles allaient lui prendre des mois, peut-être même des années, malgré les logiciels de pointe dont elle bénéficiait. Au cours de ses analyses, à bord du vaisseau, le soir, Sam avait déjà repéré de nombreux microorganismes étrangers, qu’elle espérait pouvoir rapidement séquencer, mais elle devait d’abord trouver les conditions optimales pour conserver ses échantillons. Si l’aller avait été consacrée à la préparation, le retour serait entièrement consacré à l’étude des données collectées sur place. Chaque membre de l’équipe scientifique avait à sa disposition un laboratoire entièrement équipé et fonctionnel. Celui de Sam était situé au bout du couloir parcourant l’aile « Recherche », reliée au vaisseau par un ascenseur sécurisé. La plus grosse partie du vaisseau était constituée du centre de commandement et du cœur énergétique permettant sa propulsion, et des quartiers d’habitations.

Durant leurs quelques semaines sur Trappist-e, les sept scientifiques ne croisèrent que peu de grands animaux, mais capturèrent beaucoup d’images : laissant des caméras sur place plusieurs jours d’affilée, ils pouvaient observer sur leurs écrans d’étranges et petites créatures félines, avec structure osseuse plus corpulente que leurs congénères terrestres. Même les insectes étaient rares, même si un jour, Marc fit un bond en s’apercevant que le tronc sur lequel il s’était appuyé était entièrement recouvert de sorte de feuilles volantes, comme des papillons mais beaucoup plus grands, qui avaient exactement la couleur et la texture rougeâtre de l’arbre. Dans un impressionnant bruissement, les insectes s’envolèrent, même si l’un d’entre eux tomba aux pieds de Kavita, qui le ramassa délicatement. Ses ailes avaient chacune une envergure supérieure à deux fois les mains de la quadragénaire, mais l’animal était étonnamment léger. Elle le glissa délicatement dans un sac, gonflé à l’air de Trappist-e et doté d’un système de renouvellement d’air. Ainsi, ils pourraient l’étudier plus en détails à bord du vaisseau. La planète leur laissait une impression de grandiosité, mêlée à un soupçon de singularité. Ils trouvèrent de l’eau, comme prévu, mais en plus faible quantité que ce que les statistiques leur avait fait espérer. Elle était d’ailleurs sûrement non potable, vu la couleur, et les robots qu’ils y descendirent ne ramenèrent pas grand chose d’exploitable, si ce n’est des échantillons de roche et d’eau des profondeurs. A l’aube du vol retour, les scientifiques firent un dernier tour pour rassembler toutes les caméras et tous les instruments de mesure qu’ils avaient placés un peu partout. Ensemble, ils dirent adieu à ce bel endroit étrange, ne sachant s’ils auraient un jour l’opportunité d’y revenir.

Au moment du départ, tous les membres de l’équipage se réunirent le long de la Vigie, une grande salle vitrée, qui occupait tout le niveau supérieur du vaisseau, et permettait d’avoir une vision à 360°C et ouverte vers le ciel. Ils admirèrent, émus, la lune qui s’éloignait peu à peu, rétrécissant jusqu’à se fondre dans l’immensité de l’espace. Ce soir-là, tous allèrent se coucher tôt, sachant qu’ils débuteraient l’étude des données acquises le lendemain. Si à l’aller ils avaient bénéficié de l’hibernation dans des capsules qui les avait maintenus dans un sommeil profond tout en monitorant leurs fonctions vitales, le retour se ferait éveillé. Ils avaient presque quatre ans pour classer et étudier le maximum de choses pour pouvoir présenter, à leur arrivée sur Terre, leurs résultats qui conditionnerait la décision de coloniser ou non Trappist-e.

Fiction écrite dans le cadre de l’exercice de CP Writing, Le tour des mondes en 80 fictions. Je me suis basée sur un vieux texte que j’avais écrit il y a longtemps, mais que j’avais laissé en plan.

Crédit image : iStock, by Getty Image

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