Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie / Virginie GRIMALDI (2017)

“Je veux qu’on divorce.”

Il aura suffi de cinq mots pour que l’univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s’écouler en attendant que la douleur s’estompe. Jusqu’au moment où elle décide de reprendre sa vie en main.

Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer.

Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire ressurgir les secrets les plus enfouis.


35193487_10215698648956896_1479356100187783168_n


J’ai découvert Virginie Grimaldi il y a maintenant… 21 heures au moment où j’écris ces lignes. J’ai acheté son troisième roman il y a quelques semaines : Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie. Un achat un peu impulsif, un hasard total. La devanture de mon libraire l’exposait, et je me suis dit que j’allais peut-être un peu me tenir au courant de la tendance littéraire des français en ce moment. Why not ? La première de couverture était jolie ; au résumé du dos, je m’attendais à un roman de plage, léger, pas prise de tête. Que nenni ma fille, ce fut une grosse claque d’émotions brutes que je me suis pris dans la figure ! Les premières pages passées, mon scepticisme s’est vite envolé. Malgré les chapitres très courts, ce qui rend le récit plus vivant à mon sens -mais qui, dans mes aprioris de dévoreuse de livres, était gage de non qualité-, j’ai tellement accroché que je l’ai commencé hier soir et terminé ce matin. Mon plaisir à lire et à découvrir l’histoire est monté crescendo, en même temps que mes larmes et mes sourires.

J’ai ressenti les émotions de Pauline, j’ai eu mal pour elle, j’ai espéré pour elle. J’ai commencé par détester son Ben. Comment a-t-il pu larguer une femme qui l’aimait comme ça ? Je ne savais pas sur quel pied danser, il semblait souffler le chaud, puis le froid. Puis, le récit avançant, les pourquoi du comment se dévoile, et alors là : ouvrez les vannes. J’ai pleuré, beaucoup, tout comme j’ai souris. J’ai adoré le fait que l’auteure parsème les sujets les plus sombres avec des petites répliques marrantes, très sensibles. Rupture, dépression, deuil, alcoolisme, homosexualité, jalousie, absence de dialogue… Grimaldi nous entraîne dans un milieu simple et complexe à la fois, simple en termes d’histoire, complexe en termes de relations humaines. C’est une psychothérapie familiale dont j’ai apprécié qu’elle ne termine pas « à l’eau de rose ».

Si je devais choisir un mot (ou plutôt trois !) pour décrire ce roman, ce serait « à cœur ouvert ». On apprend dans les remerciements de l’auteure, à la fin, que ce récit est autobiographique. Et lorsqu’on prend la mesure de ce qu’elle a traversé, on comprend d’où vient la sensation d’avoir plongé dans sa tête. N’ayant pas moi-même d’enfants, pas encore en tous cas, je me suis sentie submergée par la vague d’amour qu’elle peut ressentir envers Jules, ainsi que le fracas du désespoir et de la dépression lorsqu’on sait quel passage éclair la petite Ambre a fait dans sa vie, laissant les traces indélébiles que suscitent la perte d’un enfant.

« Je ne t’aime plus ». Tant de pouvoir dans ces petits mots : destruction, acceptation, reconstruction. Force. Mais tout le livre est ainsi : les mots sont choisis avec une telle justesse qu’ils touchent notre âme, au bon endroit et force les émotions, les sentiments.

C’est une excellente thérapie, et surtout, une belle manière de rappeler à chacun et à chacune que nul n’est parfait. On peut être femme, fille, enfant, mère, épouse, travailleuse, complexée, amoureuse, détruite, attachante, vulnérable, cassante, fêlée, envieuse, généreuse, pas toujours parfaite. On peut arrêter de pointer du doigt une mère qui préfère passer du temps à se prélasser au bord de la piscine plutôt que de se rouler dans le sable pour jouer avec son enfant. Arrêter de faire culpabiliser une femme d’avoir abandonné ses enfants pour se faire soigner, pour mieux revenir vers eux par la suite. J’ai aimé la façon grimaldienne (ça y est, j’ai le virus !) de montrer à quel point la société d’aujourd’hui veut toujours montrer une femme comme étant une femme forte, qui n’a jamais le droit de se laisser aller. Pour une femme, s’abandonner, montrer ses faiblesses, avouer son manque de maternité, est facteur de jugement et de malaise. Tourner en dérision ce qui fait mal est, à mon avis, la force de cette auteure française qui, je l’espère, nous offrira encore bien souvent son âme à travers des récits touchants, vrais et sincères. Avec un style inimitable.

Ma note : 19/20

PS : je m’en vais de ce pas acheter et dévorer ses deux premiers ouvrages !

3 commentaires sur “Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie / Virginie GRIMALDI (2017)

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :