Chenonceau | 2018

Début mai 2018, nous nous sommes offerts 2 jours de détente en amoureux, pour fêter nos 9 ans ensemble, notre première semaine de vacances depuis plus d’un an (jeune actif, TMTC), et surtout pour décompresser un peu plus de trois mois avant le mariage !

Depuis toute petite, j’ai une passion pour les lieux historiques et l’architecture de la Renaissance… Aussi, rien de surprenant à ce que je sois complètement fan des châteaux de la Loire, dont j’ai eu la chance de visiter un nombre plus ou moins important lorsque j’étais plus jeune, avec mes parents.

Pour ces deux jours, nous ne voulions pas vraiment nous prendre la tête, et j’avais vraiment envie de revoir (encore…) le château de ces grandes Dames : Chenonceau. J’avais aussi très envie de partager cette passion extraordinaire avec mon amoureux, qui s’en est très bien sorti !

Autant vous dire que lorsque nous y sommes arrivés, j’étais comme une petite fille ! Et le (très) beau temps nous a permis de profiter pleinement de la splendeur des jardins et du Cher, ainsi que de la fraîcheur (bienvenue) de l’intérieur de la bâtisse.

 


L’histoire du château (mode Stéphane BERN activé) débute au XIIIème siècle.

1.Famille des Marques, l’origine

Je vous passe les détails de qui en est le propriétaire, qui le donne aux Anglais qui le détruit, qui le récupère, qui y autorise des constructions dessus. Toujours est-il qu’entre 1432 et 1435, Jean II (seigneur des Marques) rebâtit et fortifie le château, construit sur les bords du Cher. C’est alors un socle de maçonnerie rectangulaire, plongeant dans la rivière, bordé de douves profondes, et qui relie le moulin à l’autre rive par un pont. En 1460, à la mort de Jean II, l’héritage est compromis. En bref, l’aîné de ses fils dilapide tout le patrimoine, sous l’oeil attentif et quelque peu intéressé de Thomas Bohier, financier de la Couronne (sous 3 règnes successifs tout de même, le mec c’est Varys quoi…).

2.Thomas Bohier, le calculateur

Patiemment, il fait acheter en sous-mains, rentes et créances sur les fiefs alentours, et s’approprie les domaines voisins : Civray, Francueil, La Croix, Bléré, Luzillé, Saint-Georges, Chissay et Chisseau. En 1596, le 27 avril plus précisément, Thomas Bohier prend possession de la seigneurie des Houdes (partie du domaine de Chenonceau), et y bâtit un manoir, dont il reste quelques vestiges aujourd’hui. Le 3 juin de cette même année, il contraint Marques à lui vendre le domaine pour 7374 livres et 10 sols tournois (monnaie de Tours), soit environ… j’en sais rien, Google n’a pas voulu me donner la réponse (vilain Google). Après un procès en revendication de l’héritage féodal, Bohier gagne sa cause, et devient Seigneur de Chenonceau en 1512. Avec sa femme, Katherine, il entame des travaux d’aménagement et d’agrandissement de la tour des Marques et de sa tourelle, s’inspirant de ses voyages en Italie. Puis, changeant d’avis, ils firent tout raser, hormis le puit et la tour qui trônent aujourd’hui devant le château. Un nouveau château est alors bâtit entre 1515 et 1522, sur les piles de l’ancien moulin fortifié. Thomas Bohier meurt en 1524. Katherine continue les travaux seule, employant quantité d’artisans formés aux influences architecturales italiennes. A l’issue de ces travaux, le château ressemble à un pavillon flanqué de tourelles en encorbellement, à toits coniques, et augmenté vers l’amont. Puis à l’est, deux avant-corps sur le bec des anciennes piles ; sur le premier, la chapelle, et sur le second, une salle suivie d’un cabinet. Chaque étage a deux appartements, séparés par un couloir central perpendiculaire à la rivière, l’un donnant sur le levant, l’autre, sur le couchant du soleil. La composition nouvelle de ce bâtiment, née de la disposition contraignante de la surface à bâtir, évite l’erreur d’une construction massive : les tourelles aériennes, la proportion des baies, les balcons saillants, les lucarnes et les avant-corps participent à la réussite esthétique et pratique, l’agrément de vie n’étant jamais sacrifié. Katherine meurt en 1526. Son fils ainé, se trouvant pris dans l’opération déclenchée par le roi contre ses créanciers et ses financiers, se trouve contraint de vendre le château à François Ier.

 

 

 

3.François Ier, l’absent

Rien de bien intéressant, puisque le roi n’utilisera le château que quelques fois, pour la chasse (on parle quand même du gars qui a fait bâtir Chambord… un simple pavillon de chasse !)

4.Henri II et les deux femmes de sa vie…

A son avènement, Henri II décide d’offrir Chenonceau, non pas à la reine Catherine de Médicis, mais bien à sa favorite, Diane de Poitiers, « en tout droit de propriété, saisine et possession, pleinement et paisiblement et à toujours perpétuellement, pour en disposer comme de leur propre chose et vrai héritage ». Cette sortie artificielle de Chenonceau du Domaine Royal, lui permettra d’être sauvé, deux siècles plus tard, à la Révolution, mais ceci est une autre histoire. En 1551, elle fait créer les jardins et les verges sur 2 hectares, rive droite. Puis elle initie en 1556 les plus grands travaux du château : la construction des arches… mais l’élégante galerie qu’elles devaient supporter n’est pas terminée à la mort du roi. Sa veuve, Catherine, obtient, mais non sans résistance, la restitution de Chenonceau à la Couronne. En contrepartie, elle donne à l’ancienne favorite du roi le domaine de Chaumont, d’un revenu d’ailleurs supérieur. La reine a de grands projets pour Chenonceau… Son architecte, Bullant, fait du petit pavillon sur le Cher un palais grandiose ! Une aile d’avant-cour est construite, ainsi que l’actuelle galerie des dômes et trois pavillons réunis par deux corps, l’ensemble couvert d’une charpente à la Delorme. Ces dépendances servent à loger les gentilshommes de la maison de la reine-mère, le service de l’office et le chapelain. Catherine fit ensuite construire sur le pont deux étages de galerie, surmontés d’un comble à lucarnes. Les séjours de la reine-mère, nombreux malgré la guerre civile, furent marqués par des fêtes exceptionnelles…

 

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5.Louise de Lorraine, la fidèle

C’est à Chenonceau que Louise de Lorraine apprend en 1589 l’assassinat de son époux, Henri III (quatrième fils de Henri II et Catherine de Médicis, roi de France et de Pologne). Elle y prend le blanc, le deuil des reines, et ne le quitte plus, ni son habit, ni le château. Confinée dans ses appartements meublés et décorés de symboles funestes, elle vit chichement, pressée par les créanciers de la reine-mère, sommée de déguerpir avant la mise en vente en 1598. La mort la délivre en 1601, non sans qu’elle ait fait don du château à César, duc de Vendômes, fils de Henri IV et de Gabrielle d’Estrée. La belle-mère de César se retire à Chenonceau à sa mort, et y vit pieusement avec 12 religieuses capucines qui y resteront jusqu’en 1634, onze ans après la mort de leur bienfaitrice.

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6.Les Dupin

En 1733, l’héritier Vendômes vend le fief à Claude Dupin et à sa femme, Louise-Marie Madeleine de Fontaine, pour 180 000 livres. Chenonceau est alors rétabli dans sa splendeur, meublé, décoré. Les Dupin y passent tous leurs étés indiens, en compagnie de leurs amis et de nombreuses relations de la finance, des lettres, des arts et des sciences. De Marivaux à Voltaire, tout ce que la France comptait de grands esprits passa au sein de ces murs. Jean-Jacques Rousseau fut même le précepteur du fils Dupin (qui, pour l’anecdote, était un enfant gâté, difficile, qui tourna mal et fut exilé sur l’Ile de France -actuellement l’Ile Maurice- pour y mourir en 1767). Dupin meurt en 1769 à presque 88 ans. Madame Dupin, sans héritier direct, transporte son affection sur le fils de Monsieur Dupin, issu d’une précédente union (ce fils sera plus tard le grand-père d’une grande écrivaine, Amandine Aurore Lucie Dupin, plus connue sous le nom de… George Sand !). Mais pour l’heure, Madame Dupin finit ses jours tranquillement, et sereinement, à Chenonceau, où elle meurt en 1799. Elle se fait inhumer sur la rive sud du Cher, à quelques centaines de mètres du château : son tombeau est aujourd’hui visible après une courte et très agréable promenade sous des arbres ancestraux…

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7.Jusqu’à aujourd’hui…

Le dernier héritier Dupin vend Chenonceau en 1863 à Madame Pelouze, soeur de Daniel Wilson (célèbre pour ses trafics d’influence). Elle fait restaurer le château. Aujourd’hui, Chenonceau est la propriété de la famille Menier, qui assure la conservation d’un ensemble inégalable : entre monument, jardin, nature et collection.

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Infos historiques issues du livre Châteaux de la Loire (edition Valoire-Estel), de la brochure du Château de Chenonceau et de son site internet, https://www.chenonceau.com/


 

La grande galerie permet de passer d’une rive à une autre, et elle regorge de statues, représentations, tapisseries et panneaux explicatifs.

 

Les cuisines sont également hyper impressionnantes, avec des tas de casseroles en cuivre, de moules à gâteaux, des cheminées imposantes et des plans de travail pour bouchers et poissonniers… à visiter par tout cuisinier qui se respecte !

 

Afin de compléter la visite du château, qui regorge d’objets, de mobilier et d’œuvres d’art époustouflantes, les jardins sont absolument sublimes! Les parterres de fleurs et d’arbustes sont exceptionnels, et avec la vision du château sur l’eau, c’est à couper le souffle. Entre le jardin de Diane de Poitiers (à gauche quand on fait face à l’entrée du château) et le jardin de Catherine de Médicis (à droite), mon cœur balance ! Il est également possible de visiter le jardin vert, un jardin à l’anglaise, ainsi que le labyrinthe voulu par la Médicis en l’honneur de l’influence italienne dont elle se berçait. Enfin, de la Ferme du XVIème et de la Galerie des Attelages, il est possible de passer au potager aux fleurs, incontournable. Et pour les enfants, dès l’entrée dans le domaine, le Parc aux ânes et la Ruche Pédagogique sauront les intéresser !

 

Malheureusement, le jour où nous y sommes allé, il n’y avait pas possibilité de faire de la barque, mais je sais que parfois, il est possible de louer une embarcation et de naviguer sous les arches du château, ce qui est très impressionnant !

Par contre, la chapelle est réellement superbe…

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… et il est facile de se rendre compte de l’usure due au flot quotidien de visiteurs qui, malheureusement, détruit peu à peu les splendeurs du passé.

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Question prix, on est sur du château classique, assez haut de gamme. Nous avons pris la visite libre (avec brochure) et avons payé 14€ par place (ticket adulte), et 11€ pour un étudiant ou jusqu’à 18 ans. Honnêtement, ça les vaut ! Avec la visite guidée, la place grimpe à 18€ (14,50 en tarif réduit). Gratuit pour les enfants de moins de 7 ans !

Voilà, quelques heures magiques à se prendre pour un prince et une princesse…

PS : toutes les photos sont de moi… quel bonheur de s’y remettre après tant de temps d’arrêt !!

4 commentaires sur “Chenonceau | 2018

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    1. Merci Alice !! Je me diversifie et je peux ainsi allier, en plus de l’histoire, mes photos hihi ! J’espère que la partie historique n’est pas trop longue (il y a tellement à dire en plus de 700 ans d’existence…). Je n’ai pas trop pris de photos des jardins, nous étions dehors alors que le soleil était trop haut et trop agressif pour les photos malheureusement… Mais prochain article de cette rubrique à la rentrée, et avec des jardins cette fois ! Des bisous 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Non au contraire! C’est ni trop long, ni trop court, la piqûre de rappel qui fait du bien 😉 et tu as une manière de l’exposer que j’apprécie énormément !
        Ok, j’ai vraiment hâte 😀

        Aimé par 2 personnes

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