#6 Vivre avec… les baisses de moral

Contrairement à mon habitude, je ne vais pas paraître bien joyeuse dans cet article : je vis actuellement un beau spécimen de « baisse de moral » ! Aussi ai-je envie de vous parler des montagnes russes morales qu’implique la colopathie… mais qui peuvent correspondre à toute personne souffrant d’une autre maladie. Cœur et courage sur vous.

 

Lettre ouverte

Forcément, qu’on est dépassé par la situation. A l’heure où j’écris ces lignes, c’est mon ventre danse la rumba, le rock et la salsa. En même temps. Et j’ai le moral dans les chaussettes. C’est bof d’écrire un article en l’état, mais j’ai 1) besoin de poser des mots sinon je vais exploser, 2) envie de montrer que non, tout ne va pas toujours pour le mieux et non, ce n’est pas parce que plus de 15% de la population adulte en souffre que c’est une maladie anodine. Notez bien le mot : souffre. Et 15%. Plus d’UN MILLIARD de personnes. Avec des symptômes allant du simple ballonnement aux crampes (90% des cas) en passant par la diarrhée ou la constipation, les nausées et maux de tête associés. SYMPA de m’avoir refiler le combo.

 

Je n’ai réellement dormi que 3h cette nuit, je suis épuisée, physiquement moins que mentalement. Ça va faire 6 jours que j’ai ce que je pourrais appeler une crise latente : des épisodes de maux de ventre peu sévères, des allers-retours plus ou moins réguliers aux toilettes, parfois pour rien. Mais rien de bien inquiétant, cela ne m’a pas empêcher de travailler, bien que j’ai évité de trop sortir (télétravail, tu me sauves la vie). Et hier soir : VLAN !!! Le raz-de-marée de la douleur, que je n’avais pas eu aussi intense depuis le diagnostic, et la bonne crise qui m’a laissée pantelante et avec le bidon en mode post-guerre civile. Ce matin, dès que j’ai ouvert les yeux, mes pensées sont allées à ma crise, à mon ventre qui me fait souffrir malgré les Spasfon et autres Carbolevure. J’ai même pris rdv chez le médecin cet après-midi, même si je sais que j’y vais pour rien, car « il n’y a pas de traitement, il faut prendre patience, de toute façon, vous n’avez pas le choix, vous en souffrirez toute votre vie… Mais rassurez-vous : ça n’augmente pas le risque de cancer du côlon ! ». Ha. Ha. Ha. Je me gausse.

 

Je rigole également d’avance à l’idée du voyage professionnel qui m’attend demain, et jusqu’à vendredi soir. Je rigole jaune, évidemment, car la seule idée de quitter mon chez-moi me donne envie de mourir. De honte qu’un sursaut de crise intervienne dans l’avion, d’angoisse de ne pas pouvoir contrôler les spasmes de mon ventre, de colère à l’idée que les gens ne comprennent ni ne tolèrent car évidemment, « ça arrive à tout le monde d’avoir mal au ventre ».

 

POURQUOI ??? Pourquoi ai-je ces p***** de crises alors que je veille à avoir une alimentation plutôt saine, à ne pas consommer d’aliments dont je sais qu’ils pourraient me faire mal, à éviter de me stresser pour rien, à m’adapter à mon syndrome pour essayer d’avoir une VIE NORMALE ??? Pourquoi des choses mauvaises arrivent aux gens biens (question à 1000 euros) ? Pourquoi est-ce si injuste ?

 

J’ai eu une crise le jour de mon mariage (civil, soit la veille de la cérémonie religieuse et de la grande fête, mais le jour où je lui ai dit oui devant la France, et où nous avons passé le reste de la journée à tout préparer pour les jours à suivre). Une sale crise de stress, à la mairie, avant la cérémonie. Qui m’a empêchée de profiter pleinement de mon passage devant monsieur l’adjoint au Maire, de son Oui, et du mien, du moment présent. Hé oui… j’étais bien trop concentrée à essayer de calmer les gargouillis de mes intestins, et à les implorer de me laisser tranquille au moins 20 minutes, pour profiter pleinement de MON mariage. Crise qui m’a fait très peur… (et si ça arrivait demain ??) et qui m’a contrainte à me « shooter » au Spasfon et à l’Immodium le lendemain matin, histoire d’être « TRANQUILLE » pour l’église… LOL.

 

Youpi, est-ce que ma vie va maintenant se résumer à ça ? A être effrayée par la douleur, que je n’arrive pas à dompter, à attendre la prochaine crise, à ne pas savoir comment réagir, à essayer de mettre en pratique des exercices de respiration qui, s’ils fonctionnent un peu, sont totalement balayés quand j’ai vraiment mal, comme hier soir, et comme aujourd’hui ? A essayer de ne pas trop laisser paraître mes baisses de moral, pour ne pas faire de peine à Monsieur K., qui me soutient, le meilleur être de l’univers ?

Alors oui, aujourd’hui, je suis en colère, et je n’ai aucun coupable vers qui diriger cette énergie, certes vaine, mais qui ne me quitte pas.

 

 


 

Si je m’applique si bien à montrer toutes les facettes de la colopathie fonctionnelle, c’est dans l’espoir d’aider les gens (et plusieurs m’ont déjà contacté pour en parler, ce qui est génial, car si je peux aider les gens qui vivent la même chose que moi à mieux l’appréhender, j’ai tout gagné !), et de faire connaitre cette maladie, pour la dédiabliser, et pour que des études SÉRIEUSES soient enfin menées dessus… ce qui est actuellement loin d’être le cas. BEN VOYONS !!!

Je vous avais bien dit que je ne serais pas bien joyeuse, au début de l’article… Maintenant on s’accroche un sourire aux lèvres, et on va faire « comme si »… ! Car en dehors de ça, la vie reste belle 🙂

A bientôt !

 

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