Bienvenue à Gattaca | 1997

“Dans un monde futuriste, on peut choisir le génotype des enfants. Dans cette société hautement technologique qui pratique l’eugénisme* à grande échelle, les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants ayant le moins de défauts et le plus d’avantages possibles.

Bien que cela soit officiellement interdit, entreprises et employeurs recourent à des tests ADN discrets afin de sélectionner leurs employés ; les personnes conçues de manière naturelle se retrouvent, de facto, reléguées à des tâches subalternes.

Gattaca est un centre d’études et de recherches spatiales pour des gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat génétiquement idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant conçu naturellement, donc au capital génétique « imparfait », rêve de partir pour l’espace. Chacun des deux va permettre à l’autre d’obtenir ce qu’il souhaite en déjouant les lois de Gattaca.” Source : wikipédia

*méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique d’un individu

Alors oui, moi aussi parfois j’utilise Wikipédia, pourquoi le nier ? Hahaha !!!

J’ai eu le grand plaisir de revoir ce film au cinéma il y a deux semaines (merci les cinémas UGC, leurs abonnements illimités et leurs jeudis soir “grands classiques du cinéma” !).

 


Je vais commencer par les côtés plus “négatifs” du film, peu nombreux et qui s’écroulent totalement face à ses indéniables et manifestes qualités.

D’ailleurs, pour être franche, je n’ai relevé que deux petites choses :

  • le lien entre Vincent, joué par l’excellent Ethan Hawke (Le cercle des poètes disparus, Lord of War), et Jérôme, joué par le célébrissime et charismatique Jude Law (The Grand Budapest Hotel, Sherlock Holmes, The Holidays) aurait pu être un peu plus profond. Bien que complexe, j’ai eu l’impression que leur relation, si fascinante soit-elle, était limitée et je dirai même, presque unilatérale. Car finalement, qu’apporte Vincent à Jérôme ? Pas grand chose à part un peu d’argent, une certaine action dans sa vie d’infirme, et … et c’est tout. Et encore, de l’argent il n’en manque pas, ce n’est donc pas pour cela qu’il le fait. Et je suis sceptique quant au fait qu’il le fasse par philanthropie (philanthropie ? philantropisme ? bref, t’as compris quoi, par altruisme quoi !).
  • de toutes les précautions que les deux personnages prennent, LE faux pas a forcément lieu le jour du meurtre et où tout un bataillon d’inspecteurs et de policiers débarque à Gattaca, analysant chaque insignifiant petit coin où des preuves biologiques auraient pu tomber… LOL. Mais sans cela, le film n’aurait eu que bien moins d’intérêts !!!

Ah si une dernière chose. J’adore Uma Thurman, elle joue magnifiquement bien. Mais à quoi son rôle sert-il vraiment ? … La question à mille euros, je vous en prie !

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Voilà, maintenant je vais pouvoir m’éclater à vous énumérer ce qui me fait adorer ce film !

Déjà, on part sur une dystopie basée sur le combat entre avancées scientifiques et éthique. Et ça, j’adore !

Dans une atmosphère teintée de jaune et bleu, j’ai trouvé la composition des scènes et l’organisation photographique tout simplement parfaite. Tout est hyper travaillé, dans une ambiance rétro-futuriste stérile. Dejà, la scène d’ouverture, où jamais une douche n’aura été filmée de plus près et qui annonce directement l’ambiance aseptisée du film. Splendide ! La biologiste en moi a bondit en réalisant la signification du titre du film : Bienvenue à Gattaca en français, et tout simple Gattaca en VO. “GATTACA”. Guanine, Adénine, Tyrosine, Cytosine. Les 4 nucléotides de l’ADN. Si ça c’est pas du génie… Et je vous passe l’escalier hélicoïdal chez Jérôme, qui fait penser à l’enroulement de l’ADN ; le pianiste génétiquement modifié ayant 12 doigts pour jouer les plus complexes symphonies classiques qui ne peuvent normalement que se jouer à 4 mains ; le nom de famille de Jérôme : Morrow, en référence au livre L’Île du Docteur Moreau, un scientifique qui va se livrer à d’horribles expériences de vivisection et de mélanges génétiques…

D’aucun diront que les plans ont mal vieillis, je préfère croire à une volonté de la réalisation de verdir un peu les images. Honnêtement, à le voir sans connaître sa date de sortie, impossible d’estimer quel âge a ce film. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas du tout professionnelle là dedans, ou que ma tendance à aimer la plupart des films que je vois occulte un peu mon sens critique.

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En tous cas, j’ai adoré ce film d’anticipation où les excès de l’eugénisme ont libre cours, pour des raisons auxquelles le peuple adhère.

Louons également cette beauté esthétique de SF, absolument divine et pour un budget dérisoire ! Car c’est vrai que les dialogues en sont le socle. Visuellement, qu’est-ce qui nous fait croire à la SF ? Une ou deux fusées qui décollent ? Une douche de flammes ? Une diode qui t’autorise à entrer dans le bâtiment après l’analyse d’une goutte de sang ? C’est donc un exploit, à la vue de ce peu d’éléments, d’arriver à captiver le spectateur dans une atmosphère SF prenante.

Enfin, l’histoire est accessible mais palpitante. On y suit Vincent, “enfant du destin”, conçu par amour dans une voiture sur la plage au soleil couchant, dans un grand cumul de clichés hollywoodiens, et dont l’espérance de vie est estimée à une trentaine d’année pour cause de risque à 99% de défaillance cardiaque. Sa naissance même est éloignée au possible du bonheur que l’on peut attendre d’un moment où la vie naît : l’infirmière énumère les nombreuses défaillances dont le bébé fera probablement preuve au cours de sa vie, grâce à un simple échantillon de sang. Tout cela avant même que l’enfant ne reçoive son prénom. Suite à la déception d’avoir un enfant “moyen” pour des parents qui avaient fait leur petite crise contre la société, Monsieur et Madame se sont bien vite tournés vers la procréation assistée lorsqu’ils ont eu envie de leur deuxième : Anton, fils prodige et parfait en tous points. A partir de là, la rivalité existante entre les deux frères est représentée dans toutes les scènes du début du film, et ce jusqu’à ce que Vincent s’en aille : la joie des parents chez le médecin lorsqu’il gratifie Anton d’un potentiel énorme ; Vincent effaçant les marques de crayons réalisées par son père pour les mesurer lorsque Anton, bien que plus jeune de deux ans, le dépasse, et enfin, les scènes de la plage. Celle où Vincent veut réaliser le rituel “frères de sang” avec son frère, et qu’il se coupe avec un coquillage, ce que Anton refuse de faire, soulignant de ce fait que son sang est trop précieux pour être gaspillé avec celui de son grand frère. Et puis évidemment, celles où les deux garçons font la course dans l’eau, course se terminant invariablement par l’abandon de Vincent… accèdera-t-il à son rêve, et montrera-t-il à son frère qu’il ne suffit pas d’un génotype parfait pour réussir ?

Réflexion que je me suis faite aussi pendant le film : ce n’est pas parce que la génétique fait de vous quelqu’un de parfait que les affres de la condition humaine ne vous rattrapent pas. Jérôme était le meilleur : et bim. Un accident, et le voilà cloué dans un fauteuil. A boire et à fumer pour oublier.

giphy
Mon Dieu ce regard !

 

Tout est pensé, que dis-je, millimétré, fait pour faire réfléchir le cinéphile. A un moment donné, il faut se rendre à l’évidence: ce film, en plus d’être d’une intelligence et d’une actualité rares, malgré l’angle SF adopté, est incroyablement bien pensé et magnifiquement écrit.

 

Et cette fin… la larmichette au coin de l’œil, encore celle-là !

Ma note : 17/20

 

Et toi, as-tu déjà eu l’occasion de voir ce film ? Qu’en as-tu pensé ? Partage ton expérience et ton ressenti en commentaire 🙂

6 commentaires sur “Bienvenue à Gattaca | 1997

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    1. Je sais que j’ai regardé ce film pour la première fois à peu près au même moment que Equals, avec Kristen Stewart, Nicholas Hoult et qui traite aussi d’un monde aseptisé et limite apocalyptique où amour et sentiments amoureux ne sont pas autorisés et sont considérés comme des défaillances voire une maladie, ça m’y fait un peu penser, c’est peut-être ça ? 🙂

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