Dracula | Bram STOCKER

Shame on me… C’est la première fois que je prends le temps de lire Dracula, pourtant un grand classique du genre fantastique, puisque publié pour la première fois en 1897…

 

Le jeune Jonathan Harker rend visite au comte Dracula dans son château des Carpates afin de l’informer du domaine qu’il vient d’acheter pour lui en Angleterre. Au cours de son voyage, les autochtones qu’il rencontre tentent de le dissuader d’atteindre son but, et manifestent une inquiétude véhémente où il ne voit d’abord que l’expression d’une superstition locale ridicule. Dès son arrivée chez le comte, l’inquiétude gagne pourtant Jonathan Harker, jusqu’au jour où trois jeunes femmes pénètrent dans sa chambre pour lui prodiguer des baisers qui sont autant de morsures. Alors qu’il entreprend une exploration du château, il découvre, gisant dans une caisse, le comte Dracula…

A Whitby, en Angleterre, où l’histoire se déplace, Lucy, l’amie de Mina, la fiancée de Jonathan, sera la première victime du vampire.

 

Je dois dire qu’en 121 ans, le livre n’a pas pris une ride. Pire : je me suis rendue compte que bon nombre des histoires de vampires dont on nous rabâche les oreilles depuis plus ou moins trente ans ne sont que des bribes de ce que Bram Stocker a brillamment écrit à son époque. Bien entendu, il s’est lui-même inspiré d’autres œuvres, puisque le mythe du vampire existe depuis la nuit des temps, et qu’il est loin d’être le premier à avoir écrit sur le sujet… mais le fait est que c’est son livre Dracula auquel on pense en premier lorsque vampire est évoqué. Il a participé à la construction de notre vision actuelle de l’univers fantastique. Quoi, vous voulez des preuves ? Entretien avec un vampire, Castlevania, Valkyrie Profile, Twilight, Underworld, tous les films contenant le mot Dracula ou Nosferatu, Le Prince de la Nuit, Don Dracula, Swing of death… tous, s’inspirent purement et simplement de l’œuvre de Stocker. La preuve en est également des caractéristiques conférées à l’époque et toujours aujourd’hui à bon nombre de vampires : force surhumaine, sommeil diurne, peau pâle et froide comme la glace, vitesse, transmutation, persuasion, communication avec d’autres espèces animales, immortalité, régénération… Et j’en passe !

De même, l’auteur n’a pas non plus inventé le contexte dans lesquels baignent ses personnages, utilisant les difficultés de l’Europe de l’est à résister aux envahisseurs ottomans. Il a dû mener des recherches phénoménales pour que l’on puisse lire un récit structuré et historiquement irréprochable. De ce fait, j’ai beaucoup aimé la manière épistolaire de rapporter les faits et les actions de chacun. Cela a, à mon sens, apporté du dynamisme au récit. Bien qu’assez lent, les chapitres m’ont tenue en haleine, et j’ai presque été déçue que le dénouement ne tienne qu’en une dizaine de page, alors que Stocker en a mis deux cents pour planter le décor de la scène finale !!! Mais hormis cette fin précipitée (et non pas bâclée !!!), je n’ai pas regretté le grandiloquisme de la narration, imputable à l’époque de l’auteur. J’ai d’ailleurs même trouvé que les dialogues étaient toujours très accessibles. Cette manière de dérouler le récit (à travers des lettres, des extraits de journaux intimes ou encore des bandes d’enregistrement) permettent au lecteur de ne pas trop se lasser lors des passages un peu longuets. En effet, le rythme est assez inégal au cours du roman : on commence sur les chapeaux de roues, pour redescendre lorsqu’on rencontre Lucy et Mina. Ça s’accélère à nouveau lorsque Dracula trouve Lucy, puis on redescend pendant trèèèès longtemps, jusqu’à ce que Dracula trouve Mina en fait. Après on repart dans la précipitation, pour finir en apothéose. Les passages à vide étaient primordiaux néanmoins, et meublés avec style (bienvenue chez Pauline, experte en ameublement !). Bref j’ai beaucoup aimé !!!

Les actions se passent en 3 lieux principaux : le château des Carpates du comte, où le récit démarre et se termine, la maison de la mère de Lucy, près de la côte en Angleterre, et l’hôpital psychiatrique du Dr Seward. C’était appréciable, d’avoir un cadre aussi restreint dans une atmosphère palpitante comme celle de Dracula. J’ai ressenti énormément d’empathie envers les personnages, même si j’ai eu davantage de mal à m’identifier à Van Helsing, véritable savant drôle, enjoué et absorbé à 200% par ses responsabilités, comme on en trouve dans les films. Je voyais les scène défiler devant mes yeux au fur et à mesure que le récit avançait, et c’était délicieux !

Bon un petit point noir, mais inhérent à l’époque (même si parfois, je me dis que les mœurs n’ont pas tant changé que ça) c’est la suprématie du mâle sur les femmes. Elles ne sont vues par les personnages masculins qu’en victimes, bien que l’auteur insiste largement sur la force et le courage de Mina. Tenez, j’ai même relevé une phrase qui m’a un peu hérissé :

“Mon cher John, jusqu’à présent la chance a voulu que cette femme nous aide ; seulement, passé cette soirée, elle ne devra plus être mêlée à cette horrible histoire. Elle court un trop grand risque. Nous, nous sommes-décidés – n’est-ce pas ? nous nous le sommes promis l’un à l’autre – à détruire ce monstre ; mais ce n’est pas le rôle d’une femme. Même s’il ne lui arrivait effectivement aucun malheur, le coeur pourrait lui manquer devant tant et tant d’horreurs ; et elle pourrait continuer à en souffrir d’une façon ou de l’autre – qu’il s’agisse d’un trouble nerveux ou que ses nuits, désormais, soient peuplées d’horribles cauchemars.”

Bon alors les gars, on parle d’une femme dont le mari a complètement pété les plombs après avoir été séquestré pendant plusieurs semaines chez le comte, mais qui n’a pas perdu son sang froid quand elle a su toute l’histoire. On parle d’une femme qui a vu, ou presque, sa meilleure amie mourir à petit feu, son sang étant chaque jour un peu plus pompé par le-dit comte. On parle aussi de la femme qui vous a bien aidé à remettre en ordre vos idées, qui est le pilier de soutien dont vous avez besoin, et qu’en la mettant de côté, vous allez l’exposer exactement aux risques dont vous voulez la protéger. Moi, je dis ça, je dis rien… Mais les femmes ne sont pas les faiblardes dénuées de maîtrise et de jugeote dont vous vous figurez qu’elles sont, non monsieur !!!!

Bref, après ce petit éclat féministe, je peux tout de même vous assurer que les descriptions et les actions de Dracula font frémir, même si la pudeur et la retenue de l’auteur en font un écrin délicat. C’est un coup de cœur à qui je retire quand même quelques points pour les différentes raisons évoquées précédemment.

PS : Vous voyez ?! Il est n’est jamais trop tard pour lire ses grands classiques !!!

PS 2 : J’ai bien envie de me lire La Dame au Linceul du coup… !

Ma note : 16/20

 

Votre avis sur le livre et/où sur cette chronique m’intéresse !! N’hésitez pas à laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir 🙂

2 commentaires sur “Dracula | Bram STOCKER

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