The Sisters Brothers | 2018

Je n’ai pas trop l’habitude des westerns (je crois que le dernier que j’ai vu, ce devait être The Hateful Eight de Quentin Tarantino, que j’avais beaucoup aimé), et j’ai été contente d’en trouver un qui regroupe des acteurs que j’aime beaucoup, et dont l’histoire soit à la fois simple, drôle et profonde ce qui, il faut se l’avouer, n’est pas souvent le cas avec ce genre assez… spécial !

Charlie et Eli Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Eli, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ? Allociné

Face à un casting parfait réunissant John C. Reilly et Joaquin Phoenix dans le rôle des frères Sisters ainsi que Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed (mais si, le méchant de Venom !), Jacques Audiard remporte son pari. De magnifiques paysages, une photographie non moins parfaite, une fraternité houleuse mais néanmoins pleine d’amour, un final enfantin et joyeux, qui rend le sourire… Je dis oui 🙂

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De gauche à droite : Riz Ahmed (Hermann Kermit Warm), Jake Gyllenhaal (John Morris), Joaquin Phoenix (Charlie Sisters) et John C. Reilly (Eli Sisters)

Malgré leur statut de tueurs à gage plutôt reconnu, les deux frères sont très loin de se ressembler. Charlie est un sanguin, il se moque souvent de son frère Eli, plus calme, qui aspire davantage à une vie tranquille auprès d’une femme sur un lopin de terre qu’à la cavalcade incessante à travers l’ouest américain. C’est certainement la voie qu’il aurait choisi, s’il ne se sentait pas responsable de son frangin. Et oui, voyez-vous, Eli et Charlie sont complémentaires et malgré les désaccords (qui se terminent parfois par un bon poing dans la gueule) le souvenir du père violent, complètement taré et détesté, les réunit. Finalement, et c’est là que personnellement, je n’attendais pas le film, on assiste à une véritable évolution de leurs personnages, surtout celui de Charlie : au début, c’était le genre de mec à faire semblant de pleurer dans son sommeil pour éveiller l’instinct maternel de son frère et à se moquer de lui… pour finalement terminer par vraiment pleurer à la fin du film, trouvant son frère à ses côtés malgré toutes ses puteries et sa tendance à la boisson.

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L’idée du film, c’est qu’un scientifique, Hermann Kermit Warm, détiendrait une formule chimique lui permettant de devenir riche. A l’époque de la ruée vers l’or, c’est un homme qui vaut, pour le coup, son pesant d’or hahaha !!!

John Morris, un des hommes de main du puissant « Commodore » (on n’en saura pas beaucoup plus sur lui, si ce n’est qu’il règne en maître sur la région), est donc chargé de traquer le jeune homme, et de lui dérober sa formule. Facilement, Morris retrouve la trace de Warm.

Mais pour faire bonne figure, et peut-être aussi parce que le Commodore sent qu’il y a baleine sous gravillon (ma façon à moi de voir les anguilles sous la roche), ce dernier envoie deux autres de ses hommes de main (je vous le donne en mille : les frères Sisters) pour s’assurer que Morris a bien fait le job… et de là en découle une fameuse chasse à l’homme !!!

 

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Les personnages de Morris et de Warm m’ont un peu plus laissée de marbre que Eli et Charlie. C’est surement à cause du fait qu’on s’attarde moins sur eux, en tant que protagonistes secondaires. Ou à cause du fait que je n’ai pas trouvé très convainquant la façon de Morris de tourner sa veste, sur quelques explications un poil vaseuses… *ALERTE SPOILER !!! * Par contre j’ai adoré leur façon de mourir à tous les deux ! C’était très réaliste, et je trouve que c’est une bonne façon de mettre en garde contre le risque d’une substance chimique (que j’étais moi-même la première à minimiser en TP…).

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J’ai trouvé de l’intérêt à Eli. L’homme, d’apparence bourrue, est en réalité le moins rustre des deux frangins. Trouvant de l’intérêt dans l’arrivée des produits d’hygiène corporelle dans l’Ouest américain dans les années 1850, j’ai trouvé à la fois touchant et pédagogique sa manière de découvrir l’usage de la brosse à dent en particulier. Parallèle des plus exaltants, le soin de soi ne concerne plus seulement les hommes beaux, graciles et à l’allure citadine comme John Morris, mais également les hommes qui souhaitent juste s’occuper d’eux, et plaire aux dames civilisées, comme Eli. Bon par contre, il y a encore un bout de chemin à faire pour que Charlie s’y mette… car à part l’alcool, les femmes et faire pan-pan sur tout ce qui bouge (avec son vrai pistolet, hein, je vous vois venir, bande de cochons !!!), il n’y a pas grand chose qui l’intéresse pendant les trois quarts du film !

 

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En conclusion, j’ai beaucoup aimé la fin du film, qui soumet un retour à l’enfance bienvenu, et une vengeance sur la vie. La bande sonore des combats est excellente, tout comme les musiques qui envahissent l’esprit, surtout lors des plans larges sur les paysages. Le thème Western est bien respecté, malgré les libertés prises dans ce film. Libertés qui pour moi, l’honorent totalement !! Le tout avec un subtil mélange d’humour, de gravité et d’amour fraternel.

 

Ma note : 14/20

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