L’homme qui voulait vivre sa vie | Douglas Kennedy

Un poste important, une vaste maison, une femme élégante, un bébé : pour tout le monde, Ben Bradford a réussi.

Pourtant, à ses yeux, rien n’est moins sûr : de son rêve d’enfant – être photographe – il ne reste plus rien. S’il possède les appareils photos les plus perfectionnés, les occasions de s’en servir sont rares. Et le sentiment d’être un imposteur dans sa propre existence est de plus en plus fort…

Alors, comment résister à l’appel d’une autre vie quand le destin s’en mêle ?

Premier livre de Douglas Kennedy que je lis, et qui m’a chaudement été recommandé par Alice ! Et merci à elle car j’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu : en avant pour une découverte de plus !!!

Le début est plutôt longuet, le héros racontant sa vie et les événements qui l’ont conduit jusque là. Ce n’est pas le genre de romans que j’ai l’habitude de lire. Il est très… américain, je ne sais pas comment le dire autrement. Il y a cette manie à toujours parler d’argent. Money, money, money… à décrire chacune des dépenses faites, du coût de tel ou tel meuble, de l’énormité du salaire des gens. Et quand on voit le luxe dans lequel cet avocat de Wall Street vit comme si ce n’était pas assez, ça me donne quelques envies de meurtres !!! Mais passons. A partir du moment où l’on quitte les souvenirs de Ben, j’ai trouvé le livre très intéressant. Entendons-nous bien : les quelques chapitres dédiés à l’évocation de la jeunesse de Ben sont autant d’indices pour nous aider à cerner le personnage : bien qu’il soit plein aux as, avec une famille, une belle maison… il passe clairement à côté de sa vie ! Son truc à lui, c’est la photo… alors qu’il possède tout le matériel dernier cri, il n’en fait rien. Manque de temps, manque de soutien de sa femme… il a abandonné son rêve au profit de la loi, d’abord pour plaire à son père, ensuite par confort matériel. Ainsi, les premières pages ne sont pas inutiles, seulement assez longues.

Lorsque Ben soupçonne sa femme d’avoir une relation extra-conjugale, le livre devient vraiment prenant. Et pour cause… *Alerte SPOILER* Il va, sans préméditation, tuer l’amant de sa femme ! J’ai adoré la façon dont Ben, complètement largué, va garder son sang-froid et tout mettre en œuvre pour faire disparaître les traces de son meurtre. Dans une sorte de fuite en avant, il disparaît de la surface de la Terre et renaît sous l’identité de sa victime, un photographe quelque peu raté. Ben fait finalement d’une pierre deux coups : il se volatilise de cette vie qui ne lui plaisait pas, et laisse derrière lui tous ses bagages. Une page blanche s’étale devant lui…

En émigrant dans le Montana, il va trouver un pied-à-terre qui lui rendra un souffle de vie en lui permettant de la gagner grâce à ses photos. Rapidement, celles-ci vont être connues, et la situation échappe petit à petit à son contrôle…. jusqu’à venir chuchoter aux oreilles de ses anciens homologues new-yorkais. S’il réussit de justesse à échapper à tout ce qui aurait pu le trahir, il tue le personnage de Gary pour changer encore une fois d’identité. La leçon à retenir ? Ben réussit à camoufler ses meurtres, bien joué à lui… mais il ne peut pas continuer de vivre en toute impunité. La vie lui est rendue mais la vengeance de la justice subsiste : il a en effet perdu, pour ainsi dire, ses deux enfants, qui croient comme tout un chacun, que leur papa est décédé. Il trouve néanmoins consolation en la personne de Anne, qui l’accompagner de sa deuxième à sa troisième vie…

Le personnage de Beth, la femme de Ben, est hargneux : je l’ai détestée dès la première ligne. Le genre de nana à qui tout est dû, et qui fait toujours retomber ses fautes sur les autres… Une vraie grognasse. Oups, pardon ! Le genre de femme qui ne fait pas confiance à son propre mari, qui lui met sur le dos toutes ses frustrations et ses échecs… Fallait réfléchir un peu avant de vouloir faire comme tout le beau monde, de partir dans les quartiers résidentiels avec la maison de famille bien comme il faut et tout ce qui va avec. C’est une belle critique, je trouve, de la mise en cage des libertés et de la frénétique course à la consommation. Pour comprendre, il faut lire le livre…

 

Anne, au contraire, est douce, et meurtrie par la perte de son enfant. Elle va montrer à Ben/Gary qu’il peut toujours aimer, et que toutes les femmes ne sont pas des tyrans comme Beth.

Je n’ai pas du tout apprécié les adultères si évidents de l’histoire. Bon, pour celui de Beth, une bonne partie du livre tourne autour, je ne m’y attarderai pas. Mais Ben… “Deux petites aventures, comme ça sans lendemain. Je ne suis pas le genre à tromper ma femme.” Non mais laisse-moi rire. Tu appelles ça comment ? Coucher dans le dos de ta femme, que ce soit une fois ou un million, c’est la même chose !

Certains aspects de l’histoire sont un peu gros, mais j’ai aimé ce côté “irréalisme de cinéma”. J’étais vraiment prise dans ma lecture, et s’attarder autant sur les à-côtés, les pensées et les ressentis de Ben ont diminué cette impression de sur-jeu, ce que j’ai apprécié. Mais je ne pense pas qu’en ayant réalisé 30 ou 40 clichés de visages, il puissent comme ça, d’un coup, percer aussi facilement… Mais ce n’est que mon avis.

Lorsque j’ai lu ce livre, je me suis demandé pourquoi Ben n’avait pas tout envoyé péter avant. Son histoire aurait été tellement plus simple… Mais certes, moins confortable matériellement parlant. En fait je me rends compte que tout repose là dessus. C’est d’ailleurs un parallèle intéressant : après sa fuite, il n’a “que” 6 000 $ par trimestre pour vivre. Ce qui est, je pense, plus que la plupart des gens gagne. Ce rebond dans la vraie vie fait du bien, je trouve.

J’en arrive maintenant à la fin, la toute fin, que contrairement au reste du livre, je trouve hors-propos. OK, il passe à côté de la mort, tenant l’occasion de faire disparaître Gary, dont le fulgurant succès devenait inconfortable. OK, Anne est enceinte, il est contraint de lui révéler son passé. Mais toute cette haletante histoire pour ça ??? Quel homme normalement constitué, quelle femme saine d’esprit accepterait de vivre comme ça ? Reclus dans la banlieue d’une nouvelle grande ville, elle travaillant pour subsister, et lui, homme au foyer prenant quelques photos par-ci par-là, pour ramener des sous à la maison par je ne sais quel biais car il est tenu de rester anonyme. Oui, car quand tu es showbizman, il faut te montrer (au risque, alors, de voir qu’en fait, Ben était Gary qui est censé être mort…). Bref, la fin est un peu tirée par les cheveux, un happy end étrange que je ne m’attendais pas à lire.

C’est pour ça que j’ai retiré un point sur ma note finale !

Sinon, cela reste un très bon livre, très prenant, au rythme soutenu passé les 100 premières pages.

Ma note : 15/20

 

As-tu lu ce livre, ou un autre roman de Douglas Kennedy ? N’hésite pas à laisser tes commentaires juste en dessous !!! 🙂

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