Ash Princess | Laura Sebastian

Quand j’avais six ans, le Kaiser a tué ma mère.

Pendant dix ans, j’ai vécu comme une morte, l’ombre de moi-même, à la merci de mes tortionnaires.

On m’a volé mon nom. Mais je ne serai jamais Lady Thora. Je m’appelle Theodosia Eirene Houzzara. Comme ma mère avant moi et toutes mes aïeules, je suis reine du feu, et le sang du dieu coule dans mes veines.

Quoi qu’il m’en coûte, je reprendrai ce qui m’a été volé.

 

J’avais vu beaucoup de photos circuler sur Instagram à propos de ce livre, mais je n’avais pas vraiment dans l’idée de l’acheter, jusqu’à ce que je tombe dessus, dans une petite librairie de Guérande, et que je craque !

Et grand bien m’en a pris, puisque c’est une très bonne surprise ! J’avais peur de tomber dans un livre fantastique trop adolescent, ou dont l’histoire s’embrouille au fil de l’eau. Finalement, bien que la lecture soit très accessible grâce à la plume légère de l’autrice et à ses idées plutôt bien ordonnées, je me suis vite laissée emportée par l’assujettissement de Theodosia par le Kaiser, sorte de roi ayant envahi son pays dix ans auparavant.

Pour bien comprendre : le royaume d’Astrée, dont Theodosia, aussi surnommée Theo, était la princesse, a été envahi par les Kalovaxiens, menés par le Kaiser, un homme froid, sanguinaire et complètement abject. Son bras droit, le Thayn, a assassiné la reine astréenne, sous les yeux de sa propre fille… Durant les dix ans qui s’écouleront entre cet évènement et le début du livre, Theo, rebaptisée Lady Thora par ses geôliers, est gardée au sein du propre palais de sa défunte mère, sous le joug de ses bourreaux. Exhibée comme une sorte de trophée par le Kaiser à chaque évènement, couronnée d’un diadème de cendres qui laisse à chaque pas des traces noires apparaître sur ses vêtements et son visage (éternelle preuve de sa soumission), elle a néanmoins le “privilège” de vivre auprès de la noblesse Kalovaxienne. Sa seule amie est Lady Crescentia, la propre fille de l’assassin de sa mère. Son amitié pour la jeune fille est pour elle le rocher auquel elle peut se raccrocher pour ne pas perdre la raison. Au fil de l’histoire, Theo va petit à petit lâcher ses airs frivoles de jeune fille se complaisant dans le mensonge acquis par des années de lavage de cerveau, pour endosser le rôle que son peuple, asservi dans la souffrance, attend d’elle.

La quatrième de couverture laisse espérer une héroïne… badass dirons-nous. En fait, la narration est très posée, mais sa lenteur ne dessert pas l’histoire car elle est très bien menée. De nombreuses pointes d’inquiétude pour Theo entretiennent l’intérêt du lecteur. En tous points, Theo est victime de ses occupants, et souffre pour son peuple à chaque vague de soulèvement. Oui, elle souffre littéralement, car elle est prise pour exemple et est tout simplement flagellée régulièrement, dès lors qu’un murmure de rébellion ou un quelconque évènement mettant en scène des Astréens se déroule, comme si elle en était responsable. Le fait est que durant 10 ans, elle n’a fait qu’assister, impuissante, à la lente mais inexorable agonie de son peuple. Aussi, lorsqu’elle se rend compte que la rébellion est plus importante que ce que laissait penser le peu d’informations divulguées par ses geôliers, elle décide de prendre en main son destin et celui de son pays. On ressent réellement sa peur et son déchirement. Entre une vie à la cour ridiculisée et difficile, son désir de vengeance, la peur de ne faire qu’aggraver les souffrances de son peuple et l’envie de se montrer à la hauteur, je comprends qu’elle ait dû attendre l’intervention extérieure de ses nouvelles Ombres pour agir…

Ah oui, parce que la pauvre jeune fille est sous constante surveillance : même lorsqu’elle dort, ou qu’elle se dévêtit, elle est espionnée par trois “Ombres”, hommes engagés par le Kaiser pour l’avertir de chacun de ses faits et gestes… flippant quoi. Jusqu’au jour où les Ombres de Theo sont “remplacées” par trois membres de la rébellion Astréenne, dont Blaise, le meilleur ami d’enfance de la jeune reine d’Astrée.

Entre complots à la cour et lutte pour survivre, ce premier tome remplit amplement ses promesses. Les premiers émois amoureux de la jeune fille sont juste ce qu’il faut teintés de culpabilité, de calculs et de crédulité. Les années passées à endurer ses calvaires lui seront bien utiles pour manipuler Soren, le propre fils du Kaiser, qu’elle n’a pas trop de mal à rallier à sa cause…

Ce premier tome est une présentation du contexte historique et géo-politique dans lequel l’histoire prend place. Nombre détails viennent étoffer ces faits. L’intrigue elle-même n’est pas bien originale, mais l’autrice a fait des choix payants qui font de son livre un loup dans une bergerie. Le recours à la magie reste subtil, assez pour éveiller mon intérêt quand aux gemmes de pouvoir. Les personnages foisonnent sans pour autant perdre le lecteur. Il m’a été facile de m’attacher aux personnages féminins, moins aux mâles de l’histoire, surtout Blaise. Son côté jeune ténébreux a été trop marqué, jusqu’au moment où l’on comprend ce qui lui arrive et où l’on commence enfin à l’apprécier (ou peut-être est-ce de la pitié ?). J’ai trouvé en Soren un simple pion, mais un pion qui pourrait être très utile dans les prochains tomes… Enfin, j’ai adoré le personnage de Cress, simple et complexe à la fois… jusqu’au moment où elle retire son masque. La véritable ennemie de Theo, la voici.

Ma note : 16/20

Cela faisait longtemps que je n’étais pas tombée sur un livre fantasy aussi prenant, et j’ai hâte à la sortie du tome 2 !!!

2 commentaires sur “Ash Princess | Laura Sebastian

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    1. Merci Buckette ! Garde quand même à l’esprit que ça reste un fantasy jeunesse, donc bien moins adulte qu’un Gemmel, qu’un Pével ou qu’un JV Jones, mais j’ai trouvé que c’était une bonne lecture tout de même ! 😀 la lecture est intéressante de par son point de vue et la tournure de l’histoire, je pense que la balance est équilibrée… en tous je ne peux que t’encourager ! Et puis, le livre est vraiment beau ! 😁

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