L’amour caché de Charlotte Brontë | Jolien Janzing

Aujourd’hui, les amis, et à l’unanimité avec moi-même, je déclare cet ouvrage frustrant. Et je vous préviens, je ne vais pas y aller de main morte (bienvenue dans mon petit défouloir du soir !). J’ai hésité avec grotesque et stupide, mais je suis d’humeur magnanime aujourd’hui (ou pas). C’est vraiment bête car j’ai accroché à la couverture, que j’ai trouvé élégante et raffinée, ainsi qu’au prologue et aux première pages. Mais alors laissez-moi vous décrire la déception que ce livre se révèle être (oui, no suspense dans mon avis, clairement !).

J’étais très contente de trouver un livre sur Charlotte Brontë, d’autant que j’adore Jane Eyre, et que l’auteur est une spécialiste de littérature anglaise du 19ème siècle. “Chouette, je vais apprendre des trucs” (c’est à peu près ce que j’avais à l’esprit au moment où je suis sortie du magasin). La quatrième de couverture envoie du pâté et promet une belle passion.

En 1842, Charlotte et Emily Brontë quittent leur Yorkshire natal pour parfaire leur français à Bruxelles.

D’un naturel enjoué et curieux, Charlotte rêve de conquérir sa liberté. Sur place, elle et sa sœur font connaissance de Claire Heger, la directrice du pensionnat qui les héberge, et de Constantin, son époux, qui y enseigne le français.

Charlotte voit en cet homme le symbole de l’intelligence et de la virilité. Ce maître, qui joue de son pouvoir sur ses jeunes élèves, devient vite l’objet de ses fantasmes…

Cette histoire d’amour, teintée de scandale, inspirera à Charlotte Brontë son chef-d’oeuvre Jane Eyre – Mr Rochester devenant le double romanesque de Constantin Heger.

Mais en fait, c’est creux !!! Creux, creux, creux.

Déjà, la trame de l’histoire n’est vraiment pas compliquée : Charlotte et Emilie vont passer un semestre à Bruxelles, au sein d’une pension pour jeunes filles aisées, afin d’y parfaire leurs connaissances linguistiques. Jusque là, ok. Mais en fait… c’est tout ce qui se passe ! Un AR à Bruxelles, on tombe en pâmoison devant son prof de littérature (qui, je vous en parlerai juste après, n’est absolument pas crédible). Un flirt digne d’un 50 nuances de Grey du 19ème siècle, et finalement, le toutou rentre dans les jupons de sa femme en laissant Charlotte seule à ses envies inassouvies. Permettez-moi d’émettre quelques doutes quand à comment les choses se passaient à l’époque. Il me semble indicible, impossible, complètement absurde, qu’un professeur, vivant sous la coupe de sa femme, directrice de l’école, flirte quasi ouvertement avec une élève. De surcroît Charlotte est anglicane, alors que Constantin est une pseudo grenouille de bénitier, tout ce qu’il y a de plus catholique. Elle est fille de pasteur, il est un homme qui n’avait rien et qui doit tout à sa femme. Enfin, elle ne connaît de l’amour que ce que les moutons devaient bien lui faire voir dans les pâturages de sa campagne anglaise… Vous voyez le tableau ?

“[…] Monsieur vient de lui prendre le bras, et dès lors elle se comporte telle un chien fidèle au bout de la laisse de son maître »

« Il glisse une main sous ses jupes ; elle est trempée. Il est son maître, elle lui appartient ».

Heuuuuu…. LOL. On ne parle pas de pénis mais de virilité, et quand on pose la question à Maman si on peut ouvrir la bouche quand un homme 20 ans plus âgé nous embrasse, la réaction qu’on attend n’est sans doute pas : “Tu parles bien des lèvres de ta bouche, n’est-ce pas ?”. Adieu subtilité, adieu sensibilité, quand Charlotte se touche toute seule dans son lit simple, à côté de toutes ses consoeurs. Adieu rêveries, quand les moindres détails de l’histoire deviennent complètement loufoques, à cause de l’emploi répété d’adjectifs qualificatifs basiques et sans saveurs, ou à cause d’images bizarroïdes qui rendent les comparaisons absurdes.

Bon, faisons abstraction de cette histoire, et attaquons-nous au récit qui se déroule en parallèle de celui des soeurs Brontë. On rencontre dans le livre une jeune fille, Arcadie, dont la mère complote pour la faire passer maîtresse officielle du roi de Belgique (à 15 ans… on en parle, du droit des enfants ET du droit des femmes ?). Et là, je me dis : WTF ? Qu’est-ce que ça fait là ? A part au début, où Charlotte croise rapidement Arcadie dans un hôtel, les deux histoires ne se croisent en aucune façon ! C’est comme si l’autrice avait voulu meubler son récit, mais cette histoire là n’a ni queue, ni tête, ni intérêt ! C’est ennuyeux à mourir et cela coupe clairement le récit principal, participant à la difficulté que j’ai ressentie à poursuivre ma lecture.

Les personnages ? Je n’ai pas réussi à m’y attacher. Charlotte m’a parue insipide, égocentrique et trèèèèès loin de l’image que j’avais de la véritable Charlotte Brontë… Quant à Emilie, elle est la figure même de l’adolescente portant le monde sur ses épaules, limite malpolie, contrainte et forcée en tout. Mais finalement, elle va bien avec les personnages qu’elle a créé, un peu misanthrope, réservée et agressive.

Le seul personnage ayant un tant soit peu de substance, c’est la directrice de la pension, Claire Heger. Encore que… Je crois que je l’aime bien uniquement car c’est elle qui contrôle tout, y compris l’entrejambe de son mari. Elle est décrite avec force d’adjectifs et de qualificatifs qui finissent par tourner en rond et qui se contredisent parfois. Et cette façon d’hypersexualiser tout ce qui passe… Non vraiment, ça ne le fait pas ! (PS : je suis loin d’être prude, hein… la première à parler de cul, c’est souvent moi ! Mais là, c’est mal placé !). La psychologie des personnages m’a parue vide et contrefaite.

Mais Dieu qu’on est loin des personnages de Jane Eyre ! Mr Rochester est, certes, caractériel, voire un peu étrange, mais il est tellement moins rustre, tellement plus charmant, plus séduisant, plus charismatique que ce gorille de Constantin ! Berk, pour rien au monde je ne voudrais avoir à le rencontrer, alors que Mr Rochester est un fantasme pour toute lectrice Eyrienne qui se respecte… Non ? Froid, distant, complètement insensible aux charmes de la jeune fille (sauf, pouf ! quand l’autrice décide qu’il va enfin s’intéresser à Charlotte, d’un coup comme ça !).

Au fil des pages, j’ai clairement déchanté. Au début, j’aimais bien le fait que l’autrice nous emmène là où elle voulait, à la manière d’une caméra qu’on déplace. La venue de Charlotte à Bruxelles était même intéressante, j’avais envie de continuer ma lecture ! Mais par la suite, Janzing use et ré-use tant de son omniscience que cela perd tout charme, lassant le lecteur qui a plus l’impression d’être finalement un objet encombrant qu’on déplace là où il gênera le moins. Finalement, elle en fait beaucoup trop, rendant le tout à la limite du grotesque. Je semble peut-être virulente dans mes propos, mais en réalité, je pense que je suis surtout hyper déçue car je m’attendais à un très beau livre et finalement, je ne retrouve rien de ce à quoi j’aspirais : le romantisme Brontë.

En bref…. Heureusement que c’était un livre offert par Archipoche lors de l’achat de deux autres livres de la maison d’édition, ça m’aurait fait c… de payer pour un livre que j’ai trouvé aussi médiocre. Je ne vous conseille pas cette lecture. Si vous voulez découvrir la véritable histoire de Jane Eyre, lisez le roman ou à défaut, regardez le film ou la série, mais par pitié… rangez ce petit torchon au fond d’un tiroir !!!

Ma note : 5/20

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