Odélia Floyd | Rencontre avec Ludivine CASEMODE

Inspiration, inspiration, aide-moi à débuter cet article d’anniversaire !! Et oui, car le blog fête aujourd’hui sa première année ! Alors pour l’occasion, laissez-moi vous présenter un livre un peu spécial, puisque c’est grâce à lui que j’ai pu rencontrer et échanger durant plus d’une heure avec son auteur, en l’occurrence ici, son autrice ! En effet, j’ai eu le grand plaisir de retrouver Ludivine Casemode, et de lui poser mille questions sur son parcours, ses œuvres, leurs publications, sa vie etc. Étudiante, elle en est déjà à sa deuxième publication – et qui peut se targuer, à 21 ans, d’avoir déjà été publié 2 fois ? Véritable échange, ce fut pour ma part une discussion très enrichissante à double sens !

Pour la petite histoire, tout a commencé sur Facebook. Je fais partie d’un groupe relatif à la littérature de l’imaginaire, et j’ai vu passer un post de Ludivine sur son livre, qui avait l’air des plus intéressant. Nous sommes alors entrées en contact, et avons décidé de nous rencontrer ce samedi 12 janvier, dans un café de Paris.

C’est ainsi que je me suis procurée Odélia Floyd et la légende des Huit pierres, et que je me suis plongée dans ses aventures !

“Jamais dans le passé je n’avais vu ni vécu une chose pareille, je n’avais jamais subi ce type de phénomène. Ma tête me torturait, mon estomac faisait des siennes, m’emmenant dans divers lieux, changeant d’époques, de saison, de moments de la journée, j’étais perdue mais toujours dans le passé. Cela aurait pu durer longtemps ou peut-être quelques secondes, quoi qu’il en soit c’était une éternité.”

Odélia Floyd est une jeune fille qui découvre son pouvoir : voyager sans des dimensions parallèles. Suite à son premier saut dans le temps, Odélia se voit associée au Cercle des Huit pierres, un groupuscule créé par son grand-père, également voyageur du temps et de l’espace. Elle s’aperçoit ainsi que son destin est lié à une légende ancestrale et qu’elle va devoir s’emparer de ses nouvelles capacités pour conquérir le cœur de tous.

L’univers de Ludivine est séduisant, tout comme sa plume, qu’elle a commencé à aiguiser très tôt puisque ses première nouvelles ont vu le jour alors qu’elle n’avait même pas 10 ans. Après un premier roman publié en 2013, Retrouvailles perdues, elle a eu envie de se frotter au fantastique. Entre aléas de la vie et inspiration allant et venant, presque deux ans auront vu grandir Odélia dans l’esprit et sous la main de sa créatrice. Montée de la région lyonnaise à Paris pour ses études supérieures, celle-ci a à son actif une licence des Sciences du langage et est actuellement en DUT version condensée (2 ans en 1) des Métiers de l’Édition. Un parcours qu’elle espère étayer avec un Master, toujours dans le milieu de l’édition, et qui ne lui laisse que peu de temps libre cette année ! Férue de lecture, elle a univers relativement éclectique, même si elle a une certaine passion pour les thrillers et enquêtes policières… Ses œuvres de prédilection ? Celles de Marie Caillet, ou encore la Trilogie des Gemmes, de Kerstin Gier.

J’ai été happée par l’imagination fertile de cette jeune fille, qui transparaît au fil des pages. L’histoire d’une quête, de la collecte d’indices pour combattre le gros vilain de la fin, classique, efficace, et très bien mené ici. La temporalité et l’enchaînement des scènes fait que le lecteur ne se perd pas, tout est bien compartimenté. De plus, il est agréable de retrouver un livre fantastique qui ne suit, pour une fois, pas différents points de vue en même temps. Le lecteur ne se mêle que de la vie de notre protagoniste principale, de ses pensées, de ses ressentis, et d’une certaine manière, le livre recentre tout sur le principal à chaque instant.

Malgré cette focalisation, le livre respire par deux façons : les interludes dues au journal de Cliff et au livre sur les pierres, qui donne les informations nécessaires au fil de l’eau, et ce que j’appellerai les “inter-chapitres”. Arbre généalogique, magnifiques poèmes pleins de force et aussi de fêlures, ces petits passages permettent au lecteur de mieux comprendre le monde dans lequel il a atterri, mais également de faire prendre conscience que Ludivine a construit un monde tout entier autour de ses personnages. Ils sont reliés, et en faisant une pause dans son récit, elle permet à nos neurones de se connecter là-haut !

En bref, l’histoire tourne autour de l’héroïne. Robin, son protecteur, et elle sont en charge de retrouver les pierres et de les placer sur un sceptre. Chaque pierre est reliée à un couple formé par une gardienne et son protecteur, disséminés dans le temps et l’espace… il faudra donc du temps et de l’énergie à Odélia et Robin pour retrouver chaque pierre. Le but étant, évidemment, de toutes les récupérer avant une certaine date fatidique, à laquelle ils devront combattre le Cavalier Noir, ennemi du Cercle des huit pierres à l’identité inconnue.

J’ai adoré le sujet : la lithothérapie. Déjà vue dans maintes sagas, elle est ici bien développée. On n’est pas centré uniquement sur les trois ou quatre joyaux vus et revus que l’on connaît tous, mais sur huit pierres différentes. Évidemment, on y retrouve le diamant, l’émeraude, le saphir et le rubis, mais également l’améthyste (MA pierre de prédilection hahaha !), la tourmaline brune, la spinelle rose et le zircon jaune. A l’origine, Ludivine m’a confié ne pas être une experte des pierres, et je trouve que les recherches sur ces gemmes ont été rondement menées, étoffant le récit avec brio. Associées à ces pierres précieuses et semi-précieuses, on retrouve les couples gardiennes / protecteurs aux traits et caractères particuliers. Si cette appellation implique une protection masculine envers leurs compagnes féminines, ils sont plutôt complémentaires.

Une question me taraudait depuis que j’ai lu le livre : mais quelle taille peut bien faire l’île sur laquelle se déroule l’histoire ? J’avais du mal à évaluer les distances, alors voilà : c’est plus grand que la Corse, plus petit que la Grande Bretagne… Du coup, on en a conclu que ce devait être un équivalent de l’Irlande ! Hey, j’ai jamais dit que mes questions étaient toutes existentielles hein !!! Mais je suis contente d’avoir pu mettre un équivalent géographique aux allers-retours de Odélia et Robin !

Si j’ai été curieuse de savoir si Ludivine s’identifiait aux personnages issus de son imagination, je sais qu’ils ne lui correspondent pas forcément, qu’elle évite de trop s’impliquer personnellement dans leur caractère et leur manière d’être, mais que d’un autre côté, il est important qu’elle puisse ressentir leurs émotions afin de les retranscrire au plus juste, et d’être le plus crédible possible auprès du lecteur.

Enfin, j’ai apprécié la fin, qui n’appelle pas forcément à une suite, même si un tome deux est en préparation. Ainsi, le lecteur ne se sent pas frustré d’attendre le prochain opus… !

Alors, comme toute production, j’ai trouvé quelques côtés à retravailler dans le livre. Notamment, l’histoire est pour moi trop rapide. On saute d’un indice à un autre sans grande transition. Des passages plus posés entre chaque chapitre auraient certainement été bénéfiques à l’histoire, ou du moins au lecteur, qui aurait eu davantage de temps pour digérer les informations. J’ai compris en interviewant Ludivine que cette sensation devait venir du fait qu’à sa relecture, elle a supprimé plus d’une centaine de pages qui lui semblaient surnuméraires. Moi, j’ai l’impression qu’on aurait pu faire aisément au moins deux livres avec le contenu de ce premier opus !!

De plus, j’ai eu énoooooormément de mal avec le personnage de Robin : pour faire simple, il est le protecteur de notre héroïne, vous l’aurez compris, et tous deux forment le couple du zircon jaune. Mais en fait le personnage n’est pas assez développé. On ne voit de lui que le fait qu’il batte le chaud puis le froid avec Odélia, la raison venant à la toute fin. C’est un mec un peu ténébreux, qui ne se dévoile pas, et pourtant il sait tout. C’est lui qui guide sa gardienne d’un point à un autre, mais comment connait-il ces informations ? Pourquoi ne lui divulgue-t-il rien ? Pourquoi cette indifférence suivie d’un soudain rapprochement, pour finir avec un glaçon ? Je pense que le livre aurait gagné à mieux développer ses personnages d’une manière générale.

Pareillement, j’ai eu un peu trop l’impression que Odélia se faisait bringuebalée d’un point à un autre. Elle a bien tenté de se rebeller, d’en savoir plus, mais elle aurait peut-être dû sortir un peu plus les griffes en apprenant la réalité de sa condition. Après tout, tout le monde lui a menti depuis sa naissance… On se concentre un peu trop sur ses sentiments négatifs au cours du livre. Finalement elle est soit énervée, soit épuisée, soit dépitée… Moi j’ai envie de la connaître joyeuse, fonceuse, badass ! *SPOILER ALERTE* Néanmoins j’ai adoré sa façon de réagir face à certains évènement comme la mort de Charlotte, lors de l’apparition du petit Tom, ou la simplicité qu’elle a eu d’accepter le sacrifice de son humanité pour devenir une fée aquatique afin d’obtenir l’émeraude.

Je reste un peu sur ma faim… et c’est pour cela que j’attends avec impatience le tome 2 ! Généralement assez secrète sur ses écrits et n’aimant pas que les gens lisent par dessus son épaule, Ludivine m’a tout de même confié quelques éléments constitutifs de la suite des aventures d’Odélia. Zéro spoil, je peux simplement vous affirmer que la ligne directrice de cette suite ne suivra pas celle du tome introductif, et que de grandes surprises sont à prévoir (désolée de casser vos espoirs, mais il n’y aura pas de retour de personnages décédés !). J’espère en tous cas voir apparaître des révélations sur certains personnages… 😉

La jolie page de couverture est une création d’une amie de Ludivine, Eugénie Vallier si je ne m’abuse. Elle est en total accord avec l’esprit que voulait lui insuffler Ludivine, sobre mais efficace, et remettant au centre du livre le fameux sceptre destiné à accueillir toutes les pierres.

Au cours de notre entretien, nous avons beaucoup abordé le monde de l’édition. L’avantage d’avoir devant soi une professionnelle du milieu ! Les éditions du Panthéon ont publié le livre de Ludivine à compte d’auteur. Ceci engendre une certaine angoisse, car on ne sait pas de quoi demain sera fait, tout en instaurant une certaine confiance, car l’auteur n’est pas entièrement seul à assumer son livre. L’accessibilité aux jeunes auteurs à la publication y est plus simple, car à moins de s’appeler Musso (légère caricature évidemment), il est aujourd’hui extrêmement compliqué d’être édité à compte d’éditeur, le marché étant extrêmement encombré. Dans la situation de Ludivine, la promotion est donc à charge de l’auteur, ce qui est difficile car cela demande du temps et un minimum de moyens financiers… J’espère donc que cet article aura, au moins un peu, aidé Ludivine à promouvoir son livre !

Voilà !!! Une rencontre placée sous le signe de la simplicité et du partage, deux valeurs auxquelles on devrait accorder davantage d’importance !

Réflexion à propos du monde (pas facile) de l’édition, de la difficulté à percer dans un monde “overbooké” (ne vous en déplaise, ce n’est même pas moi qui suis à l’origine de ce jeu de mots !!!), exploration du quotidien bien rempli d’une jeune fille aux multiples vies qui en veut, cette rencontre fut riche ! J’ai pu mieux cerner certains de ses choix littéraires, et j’ai beaucoup de chance d’avoir pu entrouvrir la porte du petit monde de Ludivine, le temps d’une rencontre, un grand merci à elle. Vous aurez peut-être la chance de la croiser cette année au festival de Paris, porte de Versailles en mars, et en attendant, vous pouvez vous procurer Odélia Floyd et la légende des huit pierres chez Amazon, la Fnac et Cultura !

Crédit photo : Pauline Kervadec

Plume et encrier : offerts par Morgane Le Peutrec

Marque-page : offert par la boutique des Silky Sassy Sisters – Boutique EtsyLe Facebook de la boutique

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