Little women (série) | 2017

« Je ne pourrais jamais aimer quelqu’un comme j’aime mes sœurs »

Louisa May Alcott, Little Women

 

Pour une fois, j’ai bien envie de vous parler d’une série, adaptée des fameux romans de Louisa May Alcott. Petite série, certes, puisque composée de 3 épisodes d’une heure seulement, et sortie en 2017. Mais quelle série ! Je sais, je ne suis clairement pas objective puisque Little women, que vous connaissez sans doutes sous Les quatre filles du Docteur March, fait partie de mes livres préférés depuis que j’ai 8 ans.

Note : je ne considère pas que ce que je vais révéler de l’histoire entre dans la catégorie des spoilers, étant donné que les livres ont été écrits il y a 150 ans et que, pour moi, ce sont de véritables classiques de la littérature américaine !

 


Épisode 1

Pendant la guerre de Sécession, quatre sœurs, Meg, Jo, Beth et Amy, vivant dans la petite ville de Concord, dans le Massachusetts, apprennent à se débrouiller en l’absence de leur père, parti au front. Leur mère, Marmee, continue de s’investir dans des œuvres charitables en dépit de ses revenus modestes. Le jour de Noël, alors qu’elle apporte de la nourriture à une famille dans le besoin, Jo fait la connaissance d’un jeune voisin, Laurie…

Épisode 2

Leur mère absente, les quatre sœurs doivent se débrouiller seules. Jo continue d’écrire, Amy est fouettée à l’école et refuse d’y retourner et Meg participe à son premier bal, où elle comprend que tous l’imaginent amoureuse de Laurie. Beth, elle, contracte la scarlatine en aidant les Hummel. Laurie décide d’envoyer un télégramme à Marmee pour lui demander de revenir au plus vite auprès de ses enfants…

Épisode 3

Un an après son mariage, Meg est enceinte alors que Jo affronte l’angoisse de la page blanche. La santé de Beth est toujours fragile et Amy est invitée par la tante Carroll à l’accompagner … dans son voyage en Europe. Jo, déçue de ne pas pouvoir voyager elle aussi et lassée par sa vie monotone à Concord, se rend à New York pour y travailler comme gouvernante. Elle y fait la connaissance du professeur Bhaer.

Source : France 4


Et bien, nous sommes face à l’histoire telle qu’elle est à peu près décrite dans le livre. En tous cas, elle est telle que moi, je me l’imaginais. Le temps s’écoule sur les aventures des quatre enfants de la famille March. Rythmée par les aléas de la vie, on assiste à l’évolution des personnages du stade enfant au stade adulte. Chacune avec sa personnalité et ses envies, elles bravent les tempêtes une à une : la maladie de leur père, l’absence de leur mère lorsque celle-ci part aider son époux, la scarlatine de Beth qui manque de l’emporter, les clivages sociaux, le lead d’une grande tante fortunée sur leur avenir… Toute en douceur, l’histoire fait passer des messages familiaux et familiers qui touchent le spectateur (et le lecteur lorsqu’on lit les livres) en plein cœur.

 

Maintenant, laissez-moi vous présenter les personnages de l’univers des filles March.

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Meg March

L’ainée de la fratrie est Meg (Margaret March). Douce et aimable, elle fait cependant parfois preuve de coquetterie, et d’une certaine envie envers les jeunes filles de la haute société, plus fortunées qu’elle. Elle sera la première à se marier avec un jeune soldat, John Brooke (joué par Julian Morris), avec qui elle coulera des jours heureux, donnant même naissance à de magnifiques jumeaux ! En vrai, pas grand-chose à dire à propos de Meg, si ce n’est qu’elle me semble la plus transparente des sœurs.

 

 

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Jo March

La cadette, c’est Jo (Josephine March). Indépendante, romanesque et impulsive, c’est mon personnage préféré. Brute de coffre, elle est colérique et a parfois bien du mal à se dominer… Un trait de caractère hérité de sa mère, qui l’aidera à dompter ses démons. Elle rêve de devenir écrivain et de s’affranchir de toutes ces règles qu’elle doit suivre en tant que femme. Son imagination sans borne la guidera vers cette voie puisqu’elle finira par partir vivre à New York. Elle s’entend bien avec Meg et Beth, mais se dispute souvent avec Amy qu’elle ne comprend pas toujours. Il est dit dans le livre que ses cheveux sont sa seule beauté… pourtant elle n’hésitera pas à les vendre pour aider sa famille… Soit dit en passant, l’actrice est magnifique. J’ai beaucoup aimé son amitié avec Laurie Laurence, le petit-fils du voisin. Malgré l’amour indéfectible que le jeune homme lui porte, elle refuse de succomber à la facilité de tomber amoureuse de son meilleur ami, sachant pertinemment qu’elle ne pourra pas totalement le combler… et elle aura eu raison, car si dans son cœur elle pensait ne jamais trouver un amour aussi fort que dans les romans qu’elle affectionne tant, un certain professeur fera chavirer toutes ses certitudes… en tout bien tout honneur.

 

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Beth March

La troisième de la fratrie, c’est la timide et délicate Beth (Elizabeth March). Très renfermée, elle n’ose pas s’aventurer en dehors de sa zone de confort, qui se résume à sa maison et son jardin. Passionnée de musique, elle pratique le piano, d’abord avec son père, puis lorsque celui part au front, chez Mr Laurence, le vieux voisin fortuné de la famille March et grand-père de Laurie, qu’elle « apprivoise » par son talent et sa fragilité. Elle n’hésite pas non plus à venir en aide aux plus démunis… ce qui la conduira à contracter la scarlatine. Survivant à cette maladie, elle reste néanmoins très affaiblie durant les mois qui suivent. Malgré un mieux, elle finira malheureusement par décéder, laissant place à mes larmes intarissables.

 

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Amy March

Enfin, la benjamine Amy est, à mon sens, la plus insupportable de toutes, notamment car j’ai toujours du mal à accepter ses crises de colères, alors que Jo se bat pour contrer les siennes, et surtout car j’ai toujours en travers de la gorge qu’elle ait osé brûler le manuscrit de Jo… Néanmoins, à mesure qu’elle grandit, son orgueil se calmera. Restant coquette, elle rêve de devenir artiste, et elle mettra tout en œuvre pour parvenir à ses fins. Alors oui, elle est censée faire plus « enfant » qu’elle ne l’est réellement dans la série, elle devrait avoir le visage de l’enfant un peu gâtée qui rythme la vie de famille de ses envies et petits caprices. Mais finalement, cette liberté de réalisation est loin de desservir l’histoire…

 

 

Les quatre sœurs ne sont pas les seuls personnages de cette histoire. Elles évoluent parmi leurs parents, joués par les excellents Emily Watson et Dylan Baker. Très vite apparaît le personnage de Laurie (Jonah Hawer-King), qui saura dompter la nature fougueuse de Jo, et respectera ses temps d’écriture ainsi que son amitié, malgré l’amour qu’il lui porte et les (nombreuses) tentatives de la rallier à sa cause. Il finira par se faire une raison, ranger ses sentiments à double tour dans une boîte appelée « passé », et tomber amoureux d’une Amy plus adulte, qui le comblera de bonheur. Cette idylle est étrange, mais finalement, boucle la boucle.

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Laurie Laurence et Jo March

La série compte également deux grands acteurs à son casting : Michael Gambon (Mr Laurence) et Angela Lansbury (Tante March).

Ce qui m’a le plus frappée dans la série, outre la musique que je développe ci-après, c’est la « britannisation » de l’histoire. Un nouveau mot dans le Paudictionnaire… La volonté de la réalisation de conférer une patte britannique à la série me ravie tout simplement. Les couleurs et les lieux me font étrangement penser à du Austen, tandis que la photographie est exceptionnelle. Une transposition faite dans le respect de l’œuvre originale, et qui, je trouve, s’affranchit très bien des films ayant déjà été réalisés sur le sujet, dont le dernier en date, si je ne m’abuse, remonte à 1995.

J’ai grandement apprécié que l’on s’attache au personnage de Jo particulièrement. Après tout, c’est le personnage le plus piquant du livre. Le fait de ne pas montrer de grand baiser fougueux entre elle et le professeur Boher est symbolique en soit. Elle a trouvé le bonheur, et les actes n’y changeront rien. Nul besoin de s’appesantir sur le bonheur charnel quand on a trouvé l’osmose parfaite que l’on pensait impossible, n’est-ce pas ?

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Jo March

La dernière scène de la série est belle. Triste mais belle. La vie continue, malgré l’absence et le manque de Beth. Perdre une fille, une sœur, une amie, fend le cœur mais… c’est la vie. Beth était trop jeune pour mourir, mais ce coup du sort est là pour rappeler l’infaillibilité du destin, et notre impuissance face à lui. On a beau essayer de lutter, lorsque le destin s’en mêle, il est bien difficile de lui faire rebrousser chemin… Malgré tout, les vivants n’oublient pas. Ils se souviennent, ils pardonnent et continuent d’aimer. L’œuvre montre les bons sentiments que Louisa May Alcott voulait transmettre dans ses livres.

La musique est superbe, pour une série qui n’a pas fait plus de bruit que ça (la preuve, je l’ai découverte par hasard alors que France 4 la diffusait, tard un dimanche soir). Juste, pas encombrante et pourtant bien présente, la bande sonore est exploitée avec délicatesse et de façon intelligente.

Bon vous l’aurez bien compris, j’ai beaucoup aimé la série !

Par contre, j’ai évidemment quelques points négatifs à relever. L’entrée en matière est limite-limite. On y voit les quatre filles du Docteur March dans des robes aux teintes pastels, des fleurs dans les cheveux, riant, le tout dans un ralenti tout à fait correct. Mais le rendu final donne une impression quasi-érotique de la chose. Ça ne dure qu’une minute, le temps du générique du premier épisode, mais cela m’a mise mal à l’aise. Les gestes semblent hors contexte, sexualisés, alors qu’en fait… pas du tout dans la suite de la série (ouf !).

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Les quatre filles du Docteur March

Il est clair que l’age des personnages n’est pas respecté, et il est un peu compliqué de savoir dans quel ordre elles sont nées. Et oui… normalement Meg a 16 ans et Amy quelque chose comme 8 ans normalement au tout début du livre… difficile à croire en regardant les images.

Je regrette énormément que l’on ne voit pas les pièces de théâtres écrites par Jo et jouées par les filles et par Laurie au grenier. Ceci est à mon sens un sujet central du livre, et il est totalement absent de la série, alors que cela avait bien été respecté dans les films. A ceci s’ajoutent de petites libertés moins gênantes, telles que des scènes où l’on voit le quotidien de Mr March, au front, là où dans l’œuvre originale, il est totalement absent, ceci creusant un peu plus le sentiments d’absence ressenti par ses filles et par sa femme.

Enfin, et cela ne touche pas la série mais l’œuvre en elle-même… J’émets une réserve sur la traduction de son titre, pour changer ! Les deux premiers épisodes de la série sont consacrés au livre Les quatre filles du Docteur March, en anglais Little women. Le dernier épisode, lui, se réfère au livre Le Docteur March marie ses filles, en anglais Good wives. Autant j’aime beaucoup le premier titre original (Little women) dont la traduction ne me dérange pas plus que ça, même si on n’y retrouve pas du tout les mêmes ascendants, autant je déteste le nom du deuxième livre, autant en français qu’en anglais. Bonnes épouses. Je suppute que dans le contexte des années 1850 cela ne choquait point… Mais je le trouve étrange, surtout compte tenue du côté féministe de Jo, qui se réfute à être une bonne épouse par obligation.

En conclusion, la série est plus sombre que ce à quoi été destinée l’œuvre littéraire. Plus adulte peut-être. Cela n’altère en rien le fait que j’ai beaucoup aimé la série, tout comme Monsieur K. d’ailleurs, qui était étrangement le premier à me demander « C’est quand qu’on regarde la suite ??? » ! Une belle découverte, qui me fait languir de la nouvelle adaptation qui devrait sortir en 2019 ou 2020, avec rien de moins qu’un casting de fou, comptant par exemple Emma Watson et Saoirse Ronan… !

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Image de la future production Les quatre filles du Dr March

 

8 commentaires sur “Little women (série) | 2017

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  1. J’ai adoré Les quatre filles du Dr March étant plus jeune ! Je sais qu’un film doit sortir prochainement, mais je ne savais pas qu’il y avait aussi une série ! Merci pour la découverte, et pour ta chronique très intéressante ! Ma préférée reste aussi Jo, même si je trouve toutes les soeurs attachantes (Amy y compris !) ^^

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