In real life T1 : Déconnexion | Maiwenn Alix

Et si l’on vous déconnectait de la seule réalité que vous connaissez ?

Imaginez un monde dans lequel chacun peut communiquer avec les autres par la pensée. Un monde dans lequel, la nuit, vous pouvez visiter des “rêves éveillés”, si réels qu’ils vous permettent de vivre une existence virtuelle en parallèle de votre vie quotidienne. Un monde sans violence, où toutes les relations sont fondées sur l’harmonie et la bienveillance.

Lani vit dans ce monde idéal.

Jusqu’au jour où elle en est brutalement arrachée pour être projetée dans un monde “hors connexion”.

Privée de tous ses repères, elle doit désormais s’inventer un nouveau destin.

 

Un livre français de SF aussi prenant, je dis OUI !!! Mille fois oui !

J’ai eu très peur durant les premières pages, je dois bien l’avouer. Je me suis dit : Oh mon Dieu, c’est un étrange mix entre Hunger Games (relatif aux districts, à la moisson des jeunes adolescent), Divergente (relatif aux métiers/factions attribuées lors de cette fameuse moisson/répartition), Labyrinthe (expérience sur la population dans un contexte d’apocalypse) et étrangement, de vieux textes nordiques (relatif aux tribus, aux cérémonies d’accueil et de départ, à la force du groupe mais aussi à l’acceptation des autres). Et puis finalement, Maiwenn Alix a pris des éléments ici et là, les a arrangés à sa sauce, et c’est juste extra ! Elle a su faire dans l’originalité avec du déjà-vu, et j’ai trouvé ça très frais. Alors, oui, une nouvelle dystopie, mais quelle histoire !

Il me serait difficile de résumer ce premier tome 1) sans spoiler et 2) en étant compréhensible, car il est très riche de détails. C’est clairement une introduction aux tomes suivants, mais il s’y passe tant de choses que je ne me suis pas du tout ennuyée, et j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre tant j’avais envie de connaître la suite. En bref, à un moment, il y a eu une fracture : les guerres, la surconsommation, le dérèglement climatique… tout cela à donné naissance à un système ayant pour but de réguler l’activité humaine, en créant une société parfaite. Le Système. Bienveillance, gentillesse, harmonie et bonheur sont les maîtres-mots. Tout petit, un système connecté est greffé au cerveau de tous les membres de la communauté, ce qui leur permet d’échanger, de se construire, de grandir en pensant au bien-être commun. De plus, ce système permet de mettre en œuvre des programmes de restauration de la nature, à travers notamment une réintroduction de la faune et de la flore, ainsi qu’à travers une agriculture raisonnée et raisonnable. L’épanouissement individuel passe aussi à travers les “rêves éveillés”, qui permettent aux membres d’expérimenter, de visiter, d’apprendre durant leur sommeil, développant certaines capacités physiques ou psychiques essentielles. Mais le Système n’a pas encore réussi à couvrir 100% de l’espace terrestre, et quelques nids rebelles se refusant à une vie connectée et contrôlée résistent…

Le lecteur est placé dans la tête de Lani, et je suis ravie d’avoir enfin un personnage principal avec une véritable évolution. De jeune fille ayant une place au sein de sa communauté, elle passe tout d’un coup dans un monde qu’elle ne comprend pas, où elle ne peut plus communiquer par la pensée avec les gens qui l’ont toujours entouré. Elle se retrouve propulsée dans la “vraie vie”, avec son lot de violence et de révélations. Ses doutes, ses peurs, ses questions et la sensation d’ôter ses œillères sont très bien retranscrits. Cela la rend très attachante. De même, on ressent vraiment le changement de caractère qui s’opère en elle, mais de façon subtile et discrète au début, si bien que l’évolution se fait en douceur. Plausible quoi ! La levée des brides que l’ultraconnectivité avec son entourage entretenait est un peu plus violente, mais tout aussi intéressante à suivre. Même si d’un côté, on pourrait penser qu’elle se laisse convaincre un peu trop facilement, de l’autre, les preuves accumulées et qui lui sont présentées par ses ravisseurs (oui, parce qu’elle ne se retrouve pas coupée de son monde comme ça, par hasard, vous l’aurez deviné) semblent irréfutables. Et vous auriez fait quoi, vous, à sa place ? J’ai encore davantage apprécié le personnage sur la fin, lorsqu’elle prend le lead sur sa vie et pour la première fois depuis le début du livre, ne se plie pas aux ordres d’autrui.

Les autres personnages sont également intéressants, même si finalement, j’ai trouvé Alexander un peu trop guimauve. J’espère que ce personnage sera davantage approfondi et ne se limitera plus à ses sentiments envers Lani, mais prendra une ampleur au-delà de cet attachement. L’histoire romantique est bien présente, parfois un peu trop, mais ne dessert pas l’histoire, car elle rajoute une motivation à notre héroïne. J’ai beaucoup aimé le personnage de Tricia, un peu dingue, complètement viril pour une femme… Oui, j’ai un faible pour les caricatures de personnages complètement badass et outrecuidants (notre cher Bob Lennon dirait METAL !!!). Par contre je ne trouve aucune utilité à la douce Cora, et j’ai hâte de savoir quel rôle elle va jouer par la suite !

L’idée des rêves éveillés est géniale, et forte de détails qui rendent l’expérience vivante. De plus, j’aimerais souligner que, bien que le livre s’adresse à un public assez jeune (dirons-nous 14-25 ans, ce qui n’est absolument pas restrictif à ces âges là uniquement !), il n’en est pas moins dénué d’une certaine violence, notamment dans la mort de Jenn (je ne spoile pas trop, elle arrive dans les premiers chapitres du livre !), les tentatives d’assassinat et les coups échangés. C’est vivifiant et cela aide le récit à prendre crédibilité.

Ce même récit peut parfois sembler un peu plus lent, mais les actions ne s’enchaînent pas à la va-vite, ce que j’apprécie énormément. Ces pauses permettent au lecteur d’engranger et de digérer les informations… et avouons-le, de faire durer le plaisir de la lecture !!! Cela n’empêche pas, au contraire, au suspense d’être présent tout au long du livre.

J’ai relevé quelques points à retravailler, notamment au début. Des répétitions sont présentes (pour exemple, Lani et Jenn sont par deux fois “accueillies par un nuage de fumée” dans les thermes de leur communauté, et l’espace de quelques pages). De plus, l’insistance sur l’ours sauvage non répertorié rôdant autour de leur base enlève toute subtilité à cet animal, et l’on sait directement qu’en fait, l’ours n’en est pas un. De même, on insiste un peu trop sur la gentillesse d’Alexander à l’égard de Lani alors qu’elle est censée être sa prisonnière, ce qui met tout de suite la puce à l’oreille quant à leur prochaine idylle. La fin du tome ressemble un peu trop à la fin de Labyrinthe 2… et il y a un peu trop de mystère sur leur condition. Plusieurs mois sont nécessaires pour obtenir les informations de base à la simple question “pourquoi m’avez-vous enlevée”, et davantage de temps encore pour connaître leur utilité aux rebelles, ça fait un peu beaucoup, ce qui donne l’impression de “traînage” en longueur.

Malgré ces petits défauts, tous les ingrédients sont là : des personnages pour la plupart bien construits, un univers convaincant et cohérent, une histoire alléchante et une plume séduisante. Que demander de plus ??? Un tome 2 au moins aussi bien que le tome 1 ! Dans son genre, ce n’est pas un livre révolutionnaire, mais une énorme surprise !

 

Ma note : 16/20

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :