La saga de Val-Jalbert | Marie-Bernadette Dupuy

Cela m’a fait du bien de me replonger dans une saga familiale de Marie-Bernadette Dupuy, d’autant que cette fois, nous quittons le sud-ouest de la France pour… le Canada ! Et ceux qui me connaissent savent combien ça me fait rêver !

Je pense updater cet article à chaque tome lu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires.


Tome 1 : L’orpheline des neiges

 

Janvier 1916. Stupéfaction dans le village de Val-Jalbert ! Une religieuse découvre un bébé abandonné dans un ballot de fourrures sur le perron enneigé du couvent-école.

D’où vient ce poupon aux yeux si bleus, qui porte le nom de Marie-Hermine, comme en témoigne une courte lettre cachée dans ses vêtements ? L’enfant sera élevée et instruite par les soeurs du Bon-Conseil et souvent confiée à une jeune voisine, Élisabeth Marois. Dotée d’une voix exceptionnelle, au fil des années, l’orpheline gagne le surnom de « rossignol des neiges ». Grâce à son talent, elle fera la fierté du village ouvrier pourtant condamné à l’abandon.

 

 

Ce premier tome nous plonge au cœur de la petite bourgade canadienne qu’est Val-Jalbert. Le village s’organise à l’époque autour de son usine de pâte à papier.. Nous suivons la jeune Marie-Hermine, de sa découverte sur les marches du couvent-école, à ses dix-sept ans.

Comme toujours dans ses livres, Marie-Bernadette Dupuy nous ramène dans un temps oublié, où la vie semble à la fois plus complexe et plus aisée. Avec force de détails, elle reconstruit ce village aujourd’hui fantôme, et confère à ses habitant une âme que l’on voudrait découvrir. D’énormes recherches ont été menées pour rendre le récit le plus fidèle possible, et on sent vraiment le travail derrière l’ouvrage. Ceci contribue à rendre l’histoire prenante, car même si les personnages sont romanisés, le contexte dans lequel ils évoluent, lui, ne l’est pas.

Marie-Hermine, ou tout simplement Hermine, est assez attachante, même si sa propension à tout voir tout noir ou tout blanc est à la longue un peu énervante. De même, elle semble toujours tout vivre et ressentir à 100%, sans demie-mesure, et ça en devient un peu lassant à la fin. Heureusement qu’il y a moult rebondissements pour faire vivre l’histoire ! Mais après tout, il faut aussi se replacer dans le contexte historique : à l’époque, il était impensable de parler de tout un tas de sujets aujourd’hui abordés sans complexes, tels que le sexe, les règles, l’indépendance des femmes, la prostitution… Il est donc riche de lire des propos qui nous font prendre conscience qu’il y a 100 ans, la liberté d’expression et les mœurs n’autorisaient de tels sujets que sous couvert et en aucun cas, devant une jeune fille. La naïveté de Hermine est donc tantôt attendrissante, tantôt limite révoltante. Et disons qu’avoir été élevée en partie par des religieuses n’aide pas non plus !!!

Là où l’on prend également la pleine mesure du temps qui a passé, c’est lorsqu’on considère les envies et les possibilités de Hermine. Sa voix pourrait l’emmener sur les plus grandes scènes du monde, avec un peu de travail. Mais la jeune fille qui a finalement été privée de sa vraie famille toute sa vie ne voit pas les choses de cet œil : le seul avenir auquel elle aspire est celui de fonder sa propre famille, de trouver un mari aimant et de s’entourer d’un tas de beaux enfants qu’elle, elle n’abandonnera jamais sur les marches d’un couvent…

Compréhensible, bien qu’avec ma vision de femme du 21ème siècle, il me semble un peu aberrant de réaliser ce rêve à seulement 16 ou 17 ans, un âge où on est un femme de corps mais encore bien souvent un enfant d’esprit… Mais enfin, si c’est cela qui la rend heureuse, qui suis-je pour juger ?

L’écrivain a, comme toujours, une forte tendance à vouloir que ses lecteur s’attachent à ses personnages, même à ceux qui nous paraissent un peu vils et grossiers, comme Joseph Morois, que je n’ai pas beaucoup apprécié. Celui qui deviendra tuteur légal de la jeune chanteuse est un peu trop vicelard et raciste pour que j’éprouve quelque attachement envers lui. Néanmoins, je trouve que Dupuy a, cette fois, un peu trop abusé sur les surnoms donnés notamment à Hermine, rendant les dialogues parfois un peu niaiseux.

Par contre, les descriptions de lieux, de paysages et de la beauté de la nature sont, comme toujours, irréprochables et l’on n’a qu’une envie : partir vivre au beau milieu des bois enneigés aux abords du lac Saint Jean, avec un traîneau, des chiens et son amoureux en trappeur sauvage (et également avec le tome 2 de la saga !).

Ma note : 15/20

 


 

Suite de la saga à venir

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