Lady Susan | Jane Austen

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle sans scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question…

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d’une aventurière, dans la lignée des personnages d’Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Un roman épistolaire de Jane Austen, deux critères qui, sur le papier, auraient dû me transporter de joie ! Et ce fut le cas au départ.

Mais comme vous devez vous en douter avec cette introduction en demie teinte, cette euphorie n’a pas vraiment survécu à ma lecture. Non pas que ce soit un mauvais roman ! Non ! J’ai été ravie de me replonger dans l’écriture de cette femme que j’adore. C’est simplement que c’est loin d’être ce à quoi je m’attendais, et que la longueur du livre (115 pages…) me fait sentir frustrée, car j’ai une impression d’inachèvement. Snif.

Mais faisons les choses dans l’ordre ! J’ai eu un peu de mal à rentrer dans le texte, notamment à cause du foisonnement de personnages et de leur homonymie. L’autrice a eu beau mettre en début de chaque lettre le destinataire et l’envoyeur, je ne savais jamais si c’était la mère qui s’adressait à la fille ou la belle-sœur à la nièce avant d’avoir lu quelques lignes de ladite lettre.

Ensuite, une fois habituée aux personnages, j’ai lu leurs correspondances avec avidité… et je dois dire que Lady Susan est un personnage qu’on déteste du début à la fin du livre ! Odieuse, égocentrée et manipulatrice, ce qu’elle aime se résume à peu de choses : la vie aisée qu’elle risque de perdre depuis le décès de son époux (un peu), plaire et flirter avec de beaux et jeunes hommes (beaucoup), se complaire à rabaisser sa fille de 16 ans (passionnément) et elle-même (à la folie). Frédérica est un poids dont elle aimerait se délester en la mariant à un bon parti. Ce qu’elle prend pour de l’immaturité et de l’orgueil de la part de la jeune fille ne sont en fait que de la frayeur envers sa mère. D’ailleurs, aucune lettre n’est échangée entre la mère et la fille au cours du livre. Non, Lady Susan l’a confiée à un pensionnat pour jeunes filles, et charge son amie intime Mrs Alicia Johnson de la surveiller à sa place.

Pour faire simple, l’intrigue se déroule dans la demeure de M. Vernon et de sa femme, Mme Vernon. M. Vernon était le frère de l’époux décédé de Lady Susan, dont il est donc le beau-frère. Sans le sous, Lady Susan s’invite chez eux afin de s’y implicitement faire entretenir le temps de trouver mieux ailleurs. Le frère de Mme Vernon, Reginald de Courcy, vient en visite chez sa sœur. Prétentieux, il se targue auprès de sa famille savoir pertinemment quel genre de femme est Lady Susan, et se frotte d’avance les mains à l’idée de la mettre mal à l’aise durant son séjour… ce qui ne l’empêchera pas de tomber dans les filets de la jeune et jolie veuve. Et là, la virtuosité de l’autrice se met en place. Même en connaissant les mœurs et la fourberie de Lady Susan, elle tient si bien son rôle de femme honnête qu’elle en vient à faire douter tout le monde. Reginald tombe comme un petit chien à ses pieds (ce qui est assez insupportable je dois dire !). Heureusement, Mme Vernon sait à quelle adversaire elle a à faire, et si son champ d’action est plutôt restreint, je n’ai cessé de prier que ses efforts portent leurs fruits, et que Lady Susan soit démasquée et remise à sa place !

Je me suis beaucoup attachée aux personnages de Mme Vernon, fidèle à elle-même, humble et foncièrement bonne, et de Frédérica, torturée psychologiquement de façon absolument ignoble par sa mère indigne.

C’est fou qu’en si peu de pages, Jane Austen parvienne à nous faire ressentir tant de choses intenses. Je regrette que le livre n’ait pas été plus long, mais cette œuvre mineure, bien qu’elle ne soit pas idéale pour découvrir l’ampleur de lu génie de Jane Austen, est décidément bien menée.

Je ne lui met qu’un petit 13 à cause de la brièveté de l’ouvrage et de ma propension à détester Lady Susan, mais c’est un livre à lire si l’on est addict aux grandes œuvres de ce type !!!

Ma note : 13 / 20

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