Still Alice | 2014

Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration.

 

Basé sur le roman de la neurobiologiste Lisa Genova, Still Alice est le film ayant permis à Juliane Moore d’obtenir un oscar… et pour cause ! Quelle prestation ! Elle porte le film à elle toute seule, les acteurs secondaires étant plutôt moyens, malgré un casting qui promettait pourtant d’être pas mal, comptant Alec Baldwin et Kristen Stewart. Je n’ai pas accroché aux personnages secondaire (surtout Baldwin, qui joue le rôle du mari de Alice, mais qui manque de sensibilité à mon sens). Mais, fait étonnant, le rendu final est tout de même totalement bouleversant !

 

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Le film tourne autour de la maladie d’Alzheimer. A moins d’être totalement insensible du bulbe, la perte d’identité progressive de Alice est bouleversante. Jamais on ne tombe dans le cliché, et Juliane Moore est virtuose dans son rôle. Les deux scènes qui se passent dans l’intimité de la salle de bain sont saisissantes : dans la première, une cinquantenaire pleine de vie, belle et douée. Dans la seconde, une femme perdue qui ne reconnaît pas l’inconnue hirsute aux cheveux emmêlés et au visage blême qui se tient devant elle.

 

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Je n’ai personnellement que peu côtoyé la maladie, et toujours dans le cadre de la gérontologie. Mais je ne peux qu’imaginer que les scènes vécues par le personnage principal sont bel et bien calquées sur ce qui arrive dans la réalité aux malades. Perte de la notion de temps et de l’espace, oublis d’évènements, incapacité de mettre le doigt sur le mot que l’on cherche… des situations qui peuvent sembler anodines, mais qui mènent en peu de temps à la perte progressive de son autonomie. Ce qui implique la perte de sa propre estime… Comment vous sentiriez-vous en vous voyant décliner, sans pouvoir y faire quoi que ce soit ? S’inquiéter à chaque instant de lucidité de ce que l’on a bien pu faire lorsque notre esprit était parti ?

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L’interprétation de Moore passe également par l’envie de cette femme intelligente de continuer à contrôler sa vie qu’elle voit partir en cacahuètes : travailler jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus, protéger ses enfants de la vérité, utiliser la technologie pour essayer de se rappeler les plus élémentaires, faire des exercices de mémorisation, prévoir son suicide lorsqu’elle ne sera plus en mesure de se souvenir de son propre nom…

La scène où Alice découvre la vidéo d’elle enregistrée sur son Macbook est effroyablement réussie. Jusqu’au bout on pense, et on ne peut s’empêcher d’espérer (chose tout de même affreuse), qu’elle réussira à aller au bout de son geste. Malheureusement, la maladie en décide autrement, et même la règle la plus élémentaire ne pourra pas être suivie par cette femme, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et pourtant… on sent que l’esprit est toujours là, sous-jacent, étouffé par ces connexions synaptiques altérées. Certes, les moments touchants sont prévisibles, et faits en sorte que le spectateur ait la larme à l’œil. Et pourtant, tout pourrait être vrai. D’ailleurs, il me semble que l’histoire est basée sur une histoire vraie (corrigez-moi dans les commentaires si je me leurre totalement !).

 

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J’ai aussi aimé voir l’impact de la maladie sur la famille, et l’égoïsme d’une partie de ses membres à partir du moment où Alice, pourtant maman émérite, déclare sa maladie. Elle s’en veut réellement énormément que son Alzheimer soit génétique, et que ses enfants aient 50% de risque d’avoir hérité de ce gène. Seule sa plus jeune fille, finalement celle que l’on pensait la plus égoïste car partie loin pour essayer de réaliser son rêve de carrière, demeure auprès de sa maman, et s’occupe d’elle, comme elle s’est occupée d’elle lorsqu’elle était petite. Et c’est une relation mère-fille unique qui se créée alors.

Je ne pense pas avoir quoi que ce soit d’autre à ajouter, j’ai beaucoup aimé ce film qui m’a beaucoup ému, mais que j’ai trouvé très intelligemment mené, qui ne caricature ni les malades, ni le corps médical, et qui, au contraire, montre les impacts de la maladie avec sincérité.

 

Ma note : 15/20

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