La vague | Todd Strasser

Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 1970.

Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’histoire, crée un mouvement, la Vague, aux slogans fort : « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action ». En l’espace de quelques jours, le paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.

Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ?

 

J’ai encore une fois fait les choses à l’envers puisque j’ai regardé le film il y a quelques années, avant de savoir qu’un livre existait. Et puis un jour mon chéri est rentré avec l’œuvre initiale à la maison, et nous avons décidé de le lire ensemble. C’est un petit livre qui se lit très vite, simple à suivre car on se place quand même dans le contexte du lycée.

Je suppose que c’est la connaissance de l’histoire qui m’a empêchée de prendre un tsunami en pleine figure, expression souvent employée dans la blogosphère pour parler de ce livre. Il n’empêche que prendre la mesure de ce qu’il s’est passé dans ce lycée m’a littéralement glacé le sang (et je peux vous assurer que Monsieur K. n’était pas en reste !).

Si j’ai trouvé le livre moins intéressant que le film, c’est justement à cause de sa brièveté : 150 pages, on est sur une grosse nouvelle. Si la vitesse d’endoctrinement des étudiants est saisissante d’effroi, je trouve dommage que l’auteur n’ait pas davantage développé à la fois ses personnages et la psychologie de son roman. Il y avait pourtant matière à faire, surtout que cette histoire est inspiré d’un fait qui s’est réellement produit dans un lycée californien dans les années 60. L’écriture elle-même (ou la traduction française ?) est relativement très décevante : on se place vraiment dans la peau des étudiants, avec leur langage et leur manière de penser où tout sentiment est exacerbé. Déplorable ? On s’en rapproche.

Si les motivations du professeur initiateur de ce mouvement, La Vague, sont uniquement orientée sur l’expérience et l’envie de faire passer un message fort, celles-ci deviennent peu à peu plus sombres et intérieurement, je pense qu’il se plaît à être le chef de cette bande. Et je regrette que cet aspect n’ait pas été davantage développé, tout comme les activités des élèves. Ok, naissent un signe (la fameuse vague), un slogan (La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action), une discipline quasi militaire et une appréciable et forte tendance à faire ses devoirs. Le fait que l’imagination de ces jeunes s’assèche comme un verre d’eau dans le désert à cause de leur embrigadement (ne pas penser, mais suivre et ainsi faire avancer la communauté) est à peine effleuré. Leur tendance à la violence pour convaincre est elle aussi survolée. En fait le livre aurait mérité au moins deux cent pages de plus, il y avait matière à faire ! Dommage.

Mais ce livre est loin de n’avoir que des défauts. On aurait pu penser que, si tôt après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les terriens seraient plus vigilants et plus suspicieux à l’égard d’une telle expérience. Et pourtant, elle montre bien l’influence d’un leader sur un groupe, puisqu’en quelques jours, c’est toute une classe endoctrinée qui s’escrime à faire accepter ses idées au reste du lycée, quitte pour cela à avoir recours à la violence. Les origines du nazisme et ses conséquence dans toute leur splendeur, à l’échelle d’un lycée. Effroyable, mais vrai.

Je me demande pourquoi ce livre ou à défaut, le film qui s’en est inspiré, ne soit pas étudié en classe : je l’ai vu et lu par moi-même. Peut-être que certains d’entre vous aurons eu la chance d’étudier cela en cours, mais ce n’est pas mon cas. Et pourtant, il aurait pu en ressortir des débats plus que intéressants, ainsi qu’une conscience toute neuve ; l’homme a beau être le gardien de son passé, sa mémoire ne l’empêche pas de répéter ses erreurs, encore et encore. Car on est pas impacté de la même manière quand on nous raconte un fait passé que lorsqu’on le vit soi-même. On a certainement tendance à minimiser les motivations et les conséquences. L’homme est un être générationnel à la mémoire courte. Comme les bébés et les enfants, il apprend en manipulant, en expérimentant. Or, il y a des horreurs dont il faut se souvenir à tout prix, en tirer les leçons qui s’imposent et surtout, tout faire pour éviter de retomber dans ces écueils de souffrance, de terreur et de d’ignominie. On en parle, mais les faits sont là : comment auriez-vous réagi, à la place de ces jeunes ?

Si la forme n’est pas à mon goût et ne mériterait même pas un 6, le fond est ultra passionnant, et s’il n’a pas été assez développé dans le livre La Vague, cela m’a donné envie de me renseigner sur les faits réels qui l’ont inspiré, et de me documenter encore un peu plus sur les tenants et les aboutissants politiques du nazisme.

 

Ma note : 12/20

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