Hellfest 2019

21, 22 et 23 juin 2019. Trois jours reconnaissables entre mille pour tout métalleux qui se respecte. Trois jours de folie, trois jours de jouissance auditive (la plupart du temps !), trois jours à vivre. Plus de 60 000 personnes par jour à fouler l’herbe plantée pour l’occasion, à naviguer entre les six scènes du site, à profiter, à échanger, à partager. Plus qu’un simple festival, le Hellfest est un rendez-vous unique auquel j’ai pu prendre part pour la première fois cette année…

Après des années à me lamenter car les dates du festival étaient toujours occupées sur mon agenda (à qui mieux mieux les stages, les séjours linguistiques à l’étranger, le boulot avec impossibilité de poser des vacances, l’économie pour le plus beau jour de ma vie…), nous l’avons fait ! Nous avons enfin posé nos bagages pour trois jours extrêmes, à Clisson, en plein cœur du pays du Muscadet !

Le Hellfest, c’est tout d’abord une matinée réservée à l’attrapage des billets, en Octobre 2018. Pour l’occasion, mon amoureux a profité d’une matinée off pour se positionner, à 9h30, devant son PC et le mien, dans les starting-block pour acheter nos pass trois jours. Quatre pages internet ouvertes, régulièrement rafraîchies, pour être dans les premiers à avoir leur pass lors de l’ouverture de la billetterie, à 10h00 tapantes. Après une petite frayeur, tout est réglé, et le Saint-Graal arrive sur notre boîte mail ! 215 euros par personne, une petite folie justifiée par le nombre faramineux de groupes qui s’étaleront pour le plaisir de nos oreilles durant trois jours. Et par l’ambiance. Et par la culture du heavy metal.

Ensuite, c’est l’attente grandissante avant l’annonce de la programmation, environ un mois plus tard. Et l’explosion de joie de voir certains groupes à l’affiche, ainsi que la petite pointe de déception de constater l’absence d’artistes tant attendus…

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Mais l’engouement ressenti à l’idée de participer à un tel évènement occulte cette sensation fugace, et commence alors l’étape (looongue !!!) d’éplucher un à un les styles musicaux et leurs représentants qui seront présents. Pour l’occasion, et comme nous étions plusieurs amis à nous rendre au festival, nous avons créé un groupe commun sur Facebook, où nous partagions messages, préparations, clips musicaux, belles découvertes et autres déconnades, dans l’attente du jour J. Il est très précieux d’avoir un membre actif dans cette petite bande, qui s’occupera d’écouter TOUS les groupes qui passent, d’en faire une sélection, de créer une playlist sur Spotify, et de partager ses découvertes sur le groupe. En l’occurrence, j’ai nommé mon amoureux, ce qui fut un trèèèès bon point pour moi puisque connaissant exactement mes goûts musicaux, je n’ai pu me concentrer que sur ceux que je pouvais apprécier !

Ensuite, nous avons décidé d’aller carrément sur site, au mois de Mars il me semble, pour repérer les lieux… Le site était réellement impressionnant ! Immense ! Impossible de l’imaginer noir de monde… et pourtant ! L’ambiance Mad Max est au rendez-vous, et c’est dépaysant autant que surexcitant.

 

Nous en avons profité pour visiter le cœur de Clisson et son château qui feront l’objet d’un prochain article.

Et puis, à partir d’Avril, le site fut fermé pour entreprendre les travaux d’avant-festival, et l’aménagement des scènes… La tension monta encore d’un cran lorsque nous avons établi la check-list du parfait festivalier ! Attention, il est très important d’anticiper cette étape, de ne pas trop se charger tout en pensant aux incontournables !!! Car on se retrouve vite chargés comme des mules entre la tente, le duvet, le matelas, la glacière, les vêtements de rechange, l’eau, la bière, le saucisson, les chips… !

En quelques mots, voici ce que nous avons sélectionné :

  • une tente
  • un duvet (bien qu’il fasse très chaud la journée, la température dégringole assez vite la nuit…)
  • un matelas (pour ne pas trop se casser le dos !)
  • un bidon d’eau potable (car il fait vite soif !)
  • un oreiller
  • de la crème solaire indice 50 (et on n’hésite pas à s’en retartiner toutes les deux ou trois heures ! C’est trop con de niquer son festival à cause d’une pauvre insolation qui donne un affreux mal de tronche, une nausée à en retourner les morts et un air de homard trop cuit…)
  • des lingettes (les douches sont très prisées, surtout le matin, et payantes. Donc on ne lésine pas sur un peu d’hygiène avec des lingettes pour bébé, histoire d’enlever le crasseux mélange poussière/bière/crème solaire…)
  • un shampoing sec et une brosse à cheveux (je ne vous dis pas l’état de ma tignasse à l’issue des trois jours……. !)
  • un sac à dos pas trop grand (oui, il faut quand même se le trimballer pendant trois jours)
  • de l’eau (ou au moins une bouteille à remplir aux points d’eau gratuites sur le site)
  • un chapeau !
  • des lunettes de soleil
  • des boules Quiès (trèèèès important pour éviter de finir sourd à 25 ans…) – et vous pouvez aussi penser à un masque car la poussière est terrible sur place !
  • des chaussures qui ne craignent pas la poussière/l’eau/la transpi/les pogos/les walls of death/les douches de bière…
  • des fringues qui elles non plus ne craignent pas trop
  • une veste pour le soir car après la chaleur de la journée, on a vite froid
  • du gel hydroalcoolique
  • des mouchoirs (au cas où…)
  • des préservatifs (pour un autre « au cas où »…)
  • des produits intimes si besoin pour les filles si besoin (lingettes, cup/tampons/serviettes hygiéniques…)
  • une trousse de premiers soins (PANSEMENTS, doliprane, etc)
  • évidemment, on n’oublie pas son pass… !

La liste est déjà longue… ! Nous avons aussi pris une glacière (remplie de 4 litres de glace pilée + 1 kg de sel ce qui nous a permis d’avoir du froid pendant les 3 jours de festival), un cadenas pour la tente et un peu de provisions type petit-dej et apéro.

Et vous savez quoi ?

Le jour tant attendu a fini par enfin arriver !

Nous voilà partis, vendredi matin, levés à 7h00, pour Clisson, à 40 minutes de route. Et on était à l’heure pour le premier groupe ! Le plus du plus du plus ? On a réussi à trouver une putain de place de parking juste à l’entrée du site, alors que les voitures des arrivées de la veille s’étendaient sur les bords de la route jusque sur la voie rapide. Improbable ? Une bonne étoile ? En tous cas, une sacrée… chatounette !!!

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Après avoir pénétré sur le site du festival, on en prend déjà plein les mirettes et les oreilles. Le monde sur place est à peine croyable, et encore nous n’avons pas encore mis le pied sur la partie musicale à proprement parlé. Nous avons d’abord rejoint le camping, pour installer tout notre petit bardât, pour ensuite seulement nous rendre à La Mecque des musiques extrêmes… Un joyeux mélange, entre les innombrables variétés de rock et de métal, il y en a pour tout le monde.

Et nous avons commencé la journée avec un groupe du coin (local, je dirais même) : Stinky, en pleine War Zone! Un truc de dingue. Une belle découverte bien punk-hardcore, avec une nana qui pète le feu en guise de chanteuse ; son final au centre d’un beau circle-pit. Pour la suite, nous avons surtout navigué entre les deux mainstages, malgré quelques excursion sur les autres scènes. Les power métalleux Gloryhammer, pour mon plus grand plaisir de les revoir, avec leurs héros du cosmos, leurs jeux de scènes et leur pêche communicative. Le son laissait un peu à désirer, et j’ai regretté que le spectacle ne dure que 30 minutes car cela a nuit à leur prestation… Mais c’est certainement parce que je les ai déjà vu au Ferrailleur, à Nantes, en petit comité et pendant presque 2 heures ! Sonata Arctica étaient sympas, bien que nous les ayons vus de loin, et leur musique était très différente de mes souvenirs de lycéenne. De bonnes surprises se sont enchaînées :  Lofofora et leur franc-parler, Godsmack, la découverte des pourtant bien connus Demons and Wizards. J’ai pu enfin voir Dagoba, et leur mythique wall of death… ainsi que Dream Theater, dont la musique a bercé mes années lycée, mais que finalement j’ai pas trouvé extra. Ultra Vomit et Kverlertak sont passés en même temps, et nous avons vu un peu des deux. Bien que je n’apprécie que peu Ultra Vomit, c’était l’un des meilleurs groupes du festival. Après ça, nous avons enfin assisté à la prestation de mes bien-aimés Dropkick Murphys… et c’était à tomber par terre ! Pour finir, nous avons vu Sabaton (en remplacement de Manowar, qui ont annulé leur prestation au dernier moment), Gojira et Sum 41. Évidemment, bien d’autres groupes se sont produits, mais je ne vous cite ici que ceux que j’ai vu ou que mon amoureux a aimé. Ne buvant pas d’alcool, je me hydratée comme jaja, entre eau et Breizh Tea (ouais, on reste fidèle à ses racines !).

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Je n’ai pas fini très tard, et suis partie me coucher vers minuit et demie. Moi qui suis une grande peureuse, je n’ai eu aucune appréhension ni aucune difficultés à me rendre à la tente toute seule, malgré la distance des scènes.

Le lendemain, le réveil a été difficile (et encore, j’ai gardé mes boules Quiès toute la nuit !), mais la journée a également été prolifique ! Il y avait moins de groupes dont j’étais fan, mais entre Skindred, Whitechapel, The Creepshow, Batmobile, Mad Sin, Eagles of Death Metal, Whitesnake, Within Temptation (mes amours !), Def Leppard, ZZ Top, Kiss et Architects, on a bien bercé notre journée.

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Enfin, la dernière journée a été la plus rude : d’abord parce que nous étions quand même assez fatigués, ensuite parce que ça a été la journée la plus chaude du festival. Nous avions tout remballé dans la voiture dans la matinée, histoire d’être sereins pour rentrer le soir (et oui, l’amoureux travaillait le lendemain… DUR !). Finalement, nous avons quand même apprécié Brutus (qui passent en Octobre sur Nantes mais qu’on ne pourra pas aller voir car en lune de miel… snif !), Trivium, Clutch, Lynyrd Skynyrd, Beartooth, Slash, Slayer et Tool. Nous en avons profité pour faire un tour de grande roue, ce qui m’a permis de prendre la mesure du gigantisme de l’évènement… Impressionnant, limite émouvant ! Quelques gouttes de pluie éparses lors du dernier concert m’ont fait rejoindre la voiture (d’autant que je n’étais pas forcément fan du genre musical). Nous avons fini par décoller vers 1h15, pour être à la maison vers 2h et dodo à 3h après LA DOUCHE SALVATRICE !!! Éreintés, mais bienheureux !

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Pour ce festival, j’étais à la fois anxieuse et impatiente avant d’y arriver, ravie sur place, et tristounette d’en repartir. C’est ça, l’esprit du métal !

Honnêtement, j’ai été agréablement surprise sur plusieurs points.

Premièrement, je n’ai vu que trèèèèès peu de gros déchets (ndlr : jolie façon de dire gros soulards complètement beurrés qui dégobillent leurs tripes et boyaux sur tes chaussures). Lorsqu’ils sont “fatigués”, les gens s’allongent dans l’herbe et piquent un petit roupillon au milieu du site, oklm, sans faire chier personne… et ça, c’est top ! Malgré la polémique du viol d’une jeune fille durant le festival, j’ai trouvé les hommes hyper respectueux de la gente féminine, et ce malgré des tenues provocatrices qui, dans un autre contexte, aurait tout de suite mené à des dérapages ! Comme quoi, il est possible de s’habiller comme on le veut sans se faire emmerder. Et je ne parle pas de femmes en haut de maillot de bain ou mini-shorts, mais bien de topless, ou plus tendancieux, de filets/corsets/tenues de cuir plus ou moins couvrantes. C’est également valable pour les hommes : s’il y a bien un endroit où se travestir n’est pas source de jugement c’est bien là. Autant que de se trimballer en string avec une plume dans les fesses… ! Fun et bienveillant.

Ensuite, l’autre bonne surprise, ce sont… les toilettes. Imaginez-vous : 60 000 personnes, dont on va dire un tiers de filles, donc environ 20 000 filles (sans doutes un peu moins mais j’ai la flemme de faire des recherches !). Et bien les toilettes sont vraiment propres ! D’ailleurs, super initiative que de favoriser les toilettes sèches, qui elles aussi sont niquels. Pas ou peu d’odeurs, pas de fluides suspects dans la cabines, toujours du papier hygiénique disponible, honnêtement, c’était très bien rôdé ! J’en profite pour tirer très bas mon chapeau aux organisateurs et à toutes les petites mains qui travaillent dans l’ombre à des occupations pas très enviables pour nous permettre de vivre trois jours géniaux !!!

Enfin, si une chose est à l’honneur, c’est bien le tatouage. De tous les horizons, de tous les styles, à des endroits plus ou moins probables, c’est le festival de l’encre presque autant que celui du métal. Une autre manière de se distinguer, de s’exprimer, de se sentir soi-même, de s’appartenir. Et c’est une raison de plus de ne pas oublier la crème solaire à haut indice indice de protection pour éviter que ne passent les couleurs et les formes de nos expressions corporelles préférées… car les UV sur les gouttes d’encre, ça ne fait pas bon ménage à la longue. De plus, rappelons que les tatouages, ce sont de véritables cicatrices, et qu’on n’expose pas un tissu cicatriciel au soleil car il possèdent moins de mélanocytes (cellules responsables de la production de la mélanine, qui bronze notre peau et lutte contre la nocivité du soleil !).

 

Ah oui, et aussi, les murs d’eau, c’est l’idée du siècle ! Rien de tel qu’un passage sous un rideau d’eau fraîche pour atténuer la sensation de décès due au soleil de plomb qui te fracasse ! Et puis, si tu sèches vite, c’est bien agréable de sentir tes fringues mouillées choper le moindre petit courant d’air qui parvient à se faufiler dans la masse grouillante de festivaliers déchaînés !

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Maintenant, je n’ai qu’une hâte : revenir. Peut-être pas trois jours, car c’est vraiment tuant, mais au moins une journée !

 

Le mot de la fin ?

J’ai tiré ma petite et discrète larme sur quelques chansons qui me tenaient à cœur : l’émotion était trop forte !!! Nous avons vibré ensemble pendant trois jours, et c’était magique, malgré nos parcours différents, malgré nos différences, malgré tout ce qui peut éloigner un humain d’un autre. Libre aux “non-initiés” ignorants de continuer à nous voir comme des égorgeurs d’agneaux sacrifiant des vierges sur l’autel de Belzébuth, je suis fière de faire partie de cette sacrément belle communauté… Cœur et viscères de bouc sur vous :p

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