Autopsie : Whitechapel | Kerri Maniscalco

J’étudie le corps des femmes qu’il assassine de sang-froid.

J’assiste, impuissante, à la terreur qu’il fait régner sur Londres.

Je sens son ombre peser sur moi.

Ses sourires malsains.

Son regard de tueur.

Je pense connaître l’éventreur…

 

J’étais plus que curieuse de découvrir ce roman qui a fait un tabac aux USA ! D’autant que c’est le premier d’une suite qui n’a pas encore été traduite en français, mais que je m’empresserai de lire lorsque ce sera chose faire étant donné ô combien j’ai apprécié ces 347 pages !

1888… Londres est plongée dans la terreur par une vague de meurtres sanglants. Contre toutes attentes, ce n’est pas un homme que nous suivront, mais une jeune femme de dix-sept ans, Audrey-Rose Wadsworth. Issue de la haute bourgeoisie londonienne, et à l’heure où les femmes n’avaient pas à penser par elles-mêmes, cette fougueuse jeune femme délaisse robes et futilités dont elle n’a que faire, pour travailler en secret avec son oncle à des besognes moins… conventionnelles. En effet, elle l’assiste, lui qui est nul autre que le médecin légiste chargé d’étudier les corps des victimes de Jack l’Eventreur. Avec l’aide du second assistant de son oncle, Thomas Cresswell, un jeune homme taciturne, intelligent et légèrement sherloquéen, elle se rend vite compte que les meurtres de Whitechapel ont un lien avec sa famille puisque la plupart des victimes étaient d’anciennes employées de la maison…

Kerri Maniscolo nous mène au plus profond de l’East End, sur les traces du plus célèbre des tueurs en série. Et j’ai trouvé cela étonnamment frais ! Noir, évidemment, répugnant, parfois (mais pas tant que ça… GNARK GNARK GNARK). Mais redondant ? Point du tout, jeunes amis ! Si l’on en a vu et revu des oeuvres à propos de l’éventreur, et si celui-ci est toujours, plus de cent ans après, au centre de tous les fantasmes, j’ai trouvé celle-ci particulièrement réussie.

Certainement parce que je me suis attachée aux personnages, parfois caricaturaux comme Thomas, mais toujours assez bien construits. Et si l’intrigue peut paraître abracabrantesque parfois, je me suis laissée envoûtée. Que dire de plus ? Certes il y a de grandes incohérences par rapport à ce qu’une jeune fille de cette époque pouvait faire et ce que Audrey-Rose réalise. Une si grande liberté chez une représentante de la gente féminine de son âge à la fin du 19ème siècle, ça ne devait pas courir les rues. Mais tout de même, je n’hésite pas à lui mettre une bonne note, bien que j’ai deviné assez tôt par rapport aux révélations, celui derrière qui se cache Jack. J’ai voyagé à Londres, je me suis laissée emportée par le coup de cœur de Audrey-Rose pour Thomas, par les secrets de famille, par le côté sombre de tout personnage, même blanc comme neige. Et les détails sanguinolents, distillés avec sagesse mais gourmandise, n’y sont certainement pas pour rien !

L’autrice a tenté de retranscrire l’angoisse qui devait planer sur Londres en cette période troublée. J’ai retrouvé tout ce que j’aime dans un policier, en laissant de côté les aspects qui m’éloignent de ce genre : les enquêtes complexes, les personnages sans substances, les interrogatoires à rallonge… Ici, si l’enquête est tout de même très loin de la naïveté d’un Alice, j’ai tout de même pris énormément de plaisir à me balader au grès des pages. J’ai vraiment hâte de découvrir le prochain volet, qui portera sur une œuvre que j’aime tout particulièrement : le sanglant compte Dracula…

 

Ma note : 16/20

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