Les couleurs de l’espoir | Julie Kibler

Au Texas, Dorrie, coiffeuse noire, a noué une relation tendre et complice avec l’une de ses clientes, Isabelle, vieille dame blanche de quatre-vingt-neuf ans. C’est donc tout naturellement qu’elle accepte de la conduire jusqu’à Cincinnati pour de mystérieuses funérailles. Au fil des kilomètres, Isabelle va lui dévoiler les secrets de son histoire : à seize ans, dans une ville régie par la ségrégation, elle est tombée amoureuse de Robert, le fils de sa gouvernante noire…

Les couleurs de l’espoir… ou encore un titre original non respecté, puisque Calling me home a été écrit par Julie Kibler, et publié en 2013. Pour ma part, j’ai reçu ce livre lors du swap thé – encore merci Séverine !

Pour tout vous dire, j’ai pris pas mal de plaisir à découvrir ce premier roman, bien que le style ne soit pas vraiment en rendez-vous.

Les chapitres qui racontent l’histoire d’Isabelle sont entrecoupés par des retours au présent qui sont à mes yeux dénués d’intérêts. Non pas que l’histoire de Dorrie ne mérite pas notre attention, mais honnêtement, je ne vois pas l’utilité de relater ses problème de maman qui doit gérer son adolescent de fils qui a certainement mis sa petite amie enceinte, ni ses questionnements sur sa nouvelle histoire d’amour, le première où elle ne tombe pas sur un sale imbécile. J’ai l’impression que l’autrice a voulu jouer avec cette mode de roman à deux voix, mais que ça ne fonctionne pas : j’ai du coup pensé que cela ne servait qu’à meubler le roman.

Conséquence : si les pages se tournent toutes seules, j’ai trouvé que le livre manquait de profondeur. Car oui, finalement, cela raconte une belle histoire qui traite de racisme, d’amour, mais ne va pas beaucoup plus loin, ce qui m’a un peu laissée sur ma faim. On aborde des questions importantes, comme celle de l’interdiction au peuple noir de sortir dans la rue après le coucher du soleil. On parle du fait qu’ils n’ont pas non plus le droit de vivre dans les mêmes quartiers que les blancs. On aborde très légèrement la façon dont certains blancs apportaient leur aide à leurs semblables dont seule la couleur de peau différait. Mais… j’aurais apprécié que les choses ne restent pas tant en surface. D’un autre côté, la logique veut que l’histoire ne se cantonne qu’à ce qu’Isabelle a pu connaître, et en tant que fille de bonne famille, à part se marier et faire des enfants, elle n’était pas vraiment destinée à faire autre chose. J’aurais voulu qu’elle fasse de grandes études, et que son histoire lui serve dans toute sa vie d’après, pour défendre les opprimés et les droits du peuple afro-américain. Mais non. Bon.

Au niveau des personnages, le pari est plutôt bien tenu. J’ai bien aimé les personnages à bien aimer, j’ai abhorré les personnages à détester, surtout les deux frères et la mère d’Isabelle. Son père, lui, m’est apparu au départ comme un personnage fiable, puis j’ai perdu confiance en lui, et même la toute fin ne m’a pas vraiment fait changé d’avis.

Comme je l’ai dit précédemment, le livre manque également de style, ou est-ce simplement la traduction française ? Quoi qu’il en soit, les phrases sont souvent déclaratives, simples et il en faut plusieurs pour susciter un début d’intérêt de la part du lecteur. Qu’à cela ne tienne, j’ai tout de même réussi à me plonger dans les quartiers huppés de Cincinnati, et dans les ruelles plus mal famées de la ville voisine. J’ai donc malgré tout aimé me plonger dans cette Amérique des années 30, raciste et injuste. Et je mets une mention spéciale aux dernières pages du livre, qui sont une très belle manière de terminer ce livre, et auxquelles je ne m’attendais pas vraiment, mais qui sont une magnifique manière de clôturer cette histoire. En tant que grande sensible, Les couleurs de l’espoir m’a arraché quelques larmichettes, mais en repensant au livre, je déplore que l’histoire de Dorrie prenne tant de place alors que totalement inintéressante, et que celle d’Isabelle n’ait pas mené à une réflexion plus profonde sur les thèmes abordés.

 

Ma note : 14/20

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