La délicatesse du homard | Laure Manel

Elle est partie aussi loin qu’elle a pu, pour rejoindre le début du bout du monde… et venir s’échouer au pied d’un rocher face à la mer d’Iroise.
Elle dit s’appeler Elsa.
Elle ne veut pas qu’on lui pose de questions.
Qui est-elle ? Que cache-t-elle ?
Et lui, que cache sa rudesse ? Lui qui l’accueille sans même savoir pourquoi …

Un roman à deux voix. Deux voix qui se racontent, et se taisent. Deux voix qui laissent place aux pas des chevaux, au vent qui plie les herbes sur la dune, au ressac sur le rivage et aux souvenirs échoués sur le sable.

 

Avouez que le résumé fait très envie de découvrir ce livre. 16/20 sur Livraddict, que de bons retours, aller, pourquoi pas ! Même le titre donne envie de savoir ce qui se cache derrière la carapace du homard.

Et bien, vous avez été spoilé si vous avez vu ma toute première vidéo de la chaîne, mais j’ai trouvé ce livre nul, insipide, exaspérant au possible. JE ME SUIS FAITE EUE !!! Ce n’est même pas une lecture en demi-teintes. Pourtant, c’est dommage, car je pense que l’autrice pourrait vraiment écrire de très belles histoires, car si parfois j’ai trouvé la plume un peu trop simpliste, il y a quelques phrases qui font tilt, et qui sont joliment tournées. De plus, l’idée du roman à deux voix est très bonne, et c’est ce qui, à mon sens, sauve un peu les meubles en apportant un semblant de rythme au récit.

Mais pour le reste, je me trouve assez vindicative mais pardon… j’ai vraiment détesté ma lecture, que j’ai pourtant mené jusqu’au bout !

  1. Les ficelles de la romance se voient comme le nez en plein milieu de la figure ; ce n’est ni romantique, ni subtil.
  2. Les personnages sont agaçants ! L’héroïne, Elsa, est très secrète, de par son passé qui se révèlera au cours du roman. Lui, François, l’ours bourru au cœur tendre qui décide de prendre soin de cette jeune femme un peu folle qu’il trouve au bord de la plage. WTF. Ils mettent beaucoup de temps à échanger, puis tout s’accélère en quelques semaines ! Alors que ce sont deux handicapés sentimentaux, ils trouvent l’un en l’autre ce qu’ils ne cherchaient même pas. Très peu pour moi. De plus, j’ai eu énormément de mal avec leurs caractères respectifs. Déprimée, ok, secrète, d’accord. Mais elle est molle, elle se laisse bousculer, elle est… insipide. Oui. Avec son passif, il est vrai qu’une combattante n’aurait pas été souhaitable (il n’y aurait alors pas eu d’histoire) mais pour le coup, elle est vraiment trop effacée, bizarre, complètement absente en réalité. Et mal polie, avec ça, fuyant le dialogue le plus simple, ne remerciant que du bout des lèvres celui qui l’a quand même sauvée de l’hypothermie. François, lui, se veut plus compréhensif, plus tendre, plus doux malgré son côté brut, mais je n’ai senti en lui que le mâle en manque d’amour. Macho, avec ça, ce que je ne supporte pas !
  3. Outre l’histoire alambiquée des deux protagonistes, ce rythme éparse a vraiment eu raison de moi lors de la lecture. Pas ou peu d’ellipses, on assiste à tout, sans parvenir à rentrer dans l’histoire.
  4. Elsa tente la thérapie équestre… mue d’une peur viscérale des chevaux depuis toujours, hop hop hop, en deux temps trois mouvements elle parvient à s’en affranchir ! Pas crédible pour un sous.
  5. Le secret d’Elsa, je l’ai senti à pleiiiiin nez dès qu’on a introduit la notion de petite sœur. Alors, je ne m’attendais pas à une telle ignominie de la part de sa propre mère, mais dès lors que j’ai un peu deviné le fin mot de l’histoire, celle-ci a perdu le peu d’attrait qu’il lui restait encore… Dommage.
  6. Les personnages secondaires auraient mérité plus d’attention, ils auraient peut-être contribué à sauvé l’histoire. Non, en fait, même pas !
  7. Certaines réactions m’ont fait tiqué, voire m’ont profondément choqué, notamment le fait que sitôt Elsa dans son lit, François aille immédiatement faire les tests sanguins nécessaires à lui prouver qu’il est clean côté IST afin de se passer de préservatifs. OK pour le principe, je conçois cela. Mais les arguments qu’il avance (sachant qu’elle ne veut pas d’enfant et qu’il lui jure être stérile, ce qui était peut-être vrai auparavant mais il finit quand même par la mettre enceinte… c’est un peu gros jeune homme !) ne m’ont pas du tout plu ! En gros, il veut être au plus proche d’elle (aka, je ne veux pas d’un morceau de plastique entre nous). Je trouve cela très maladroit, et j’y ai vu un rejet de cette forme de contraception qui est également le seul moyen de se protéger efficacement contre les IST. Qu’un adulte, épanouie dans sa vie sexuelle, lise cela, je m’en fout. Mais bon sang, il faut aussi penser à l’image que cela véhicule auprès des jeunes, ados ou jeunes adultes !!!
  8. Après le passé d’Elsa, je trouve qu’elle accepte sa grossesse sur un coup de tête grâce à un bon vieux « je t’aimerai toute ma vie, viens, gardons ce bébé, même si t’en voulais pas, je suis là !!! ». Et elle renie ses 15 dernières années de principe et de souffrance sur cette simple promesse d’un homme qu’elle ne connaissait pas peu de mois auparavant. La guérison d’Elsa est rapide, sans trop de demie-mesure, et j’ai réellement été irritée de son acceptation, simple et résolue, de la situation.

Bref, c’est un livre qui restera dans ma mémoire pour être l’archétype de la déception de 2019. Je suis réellement désolée de cet avis, je sens qu’il y a eu du travail, comme toute réalisation littéraire, et je m’en excuse auprès de l’autrice. Mais je n’ai vraiment pas accroché.

Ma note : 5/20

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