Les gens heureux lisent et boivent du café | Agnès Martin-Lugand

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

Première expérience avec cette autrice, et sur un livre relativement court… Et je suis très mitigée. J’ai adoré le début : dès les premières pages, j’ai pleuré (Madelein is back). J’ai été touchée par la perte de Diane, par son désarroi, par sa dépression. Laissée seule par son mari et sa fille qui s’en sont allés ensemble. Les mots ont touché mon cœur, et c’était presque comme si sa peine était la mienne. Vraiment !

Et puis, les pages passant, je me suis vite pris un premier mur. Une fois Diane arrivée en Irlande, pour se ressourcer et contre les conseils de ses parents et de son meilleur ami Félix, c’est une avalanche de clichés qui m’ont engloutie ! Tous des rugbymen qui mangent de la panse de mouton farci et qui boivent de la Guinness à toute heure, qui se la collent tous les soirs, pour faire face à un monde sauvage où la vie n’a rien d’intéressant, dans un pays où il pleut sans arrêt. Bon, alors comment vous dire. Pour avoir vécu 5 mois en Irlande, la vie est loin d’être aussi prévisible, plan-plan, triste, même si je conçois que dans le livre, ce superbe pays soit décrit selon le point de vue de Diane et que la dépression s’en mêle. Mais. Mais. Mais. Les paysages ne se limitent pas à la côte, et les talents culinaires, au mouton à la patate et au chou. Les Irlandais ne sont pas amateurs QUE de bières ou de whisky. Le sport de là-bas, c’est plutôt le hurling.

Et je ne parle pas des clichés du voisin de Diane, Edward, l’archétype de l’artiste torturé, du mec borné, de l’homme mystérieux et sombre avec une face tendre cachée et un grand cœur avide d’amour.

Ni de ceux de sa sœur, la jeune Dublinoise extravertie et vêtue très court (même si pour le coup, les Irlandais se fichent pas mal de l’image qu’ils revoient : c’est simple, ils s’habillent comme ils veulent et ILS ONT BIEN RAISON !!!).

Ni même de Félix, l’ami gay qui ne fait que couler le café de son amie et passer des nuits plus décadentes les unes que les autres.

Bref.

Finalement, j’ai adoré la phase de deuil, mais la partie reconstruction, même si parfois attendrissante, n’était pas du tout en adéquation avec le début du livre ni l’état même du deuil.

Malgré tout, j’ai bien aimé le style de l’autrice, très vif, ponctué de pas mal de dialogues, ce qui donne vie au récit. De plus, si je n’ai pas aimé la seconde partie pour toutes les raison citées précédemment, j’ai beaucoup aimé l’absence de happy ending attendu (malgré la suite du livre, j’ai nommé La vie est facile, ne t’inquiète pas, dont je parlerai surement dans un prochain article !).

Ma note : 14 / 20

(oui, j’ai donné 2 points pour les torrents de larmes versés à chaque phrase émouvante, surtout au début !!!)

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